{"id":2796,"date":"2022-09-12T15:33:52","date_gmt":"2022-09-12T13:33:52","guid":{"rendered":"http:\/\/www.dallenogare.biz\/cours\/?p=2796"},"modified":"2022-09-19T15:41:57","modified_gmt":"2022-09-19T13:41:57","slug":"repliques-et-phrases-de-pierrot-le-fou-jean-luc-godart-qui-donne-de-quoi-penser-la-vie-lamour-le-temps-le-tragique","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.dallenogare.biz\/cours\/repliques-et-phrases-de-pierrot-le-fou-jean-luc-godart-qui-donne-de-quoi-penser-la-vie-lamour-le-temps-le-tragique\/","title":{"rendered":"R\u00e9pliques, citations et phrases de Pierrot le Fou (Jean-Luc Godard) qui donnent de quoi penser la vie, l&rsquo;amour, le temps, le tragique&#8230;"},"content":{"rendered":"<blockquote>\n<p style=\"text-align: right;\">Un esprit nostalgique flotte, mais on ne voit ni la laideur, ni la tristesse, ni le sens fun\u00e8bre et cruel de cette enfance \u00e9cras\u00e9e.<br \/>\n(\u00c9lie Faure \u00e0 propos de V\u00e9l\u00e1squez, lu par Ferdinand au d\u00e9but du film)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-2811\" src=\"http:\/\/www.dallenogare.biz\/cours\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Pierrot-le-fou-1-300x169.jpg\" alt=\"\" width=\"584\" height=\"329\" srcset=\"http:\/\/www.dallenogare.biz\/cours\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Pierrot-le-fou-1-300x169.jpg 300w, http:\/\/www.dallenogare.biz\/cours\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Pierrot-le-fou-1-768x432.jpg 768w, http:\/\/www.dallenogare.biz\/cours\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Pierrot-le-fou-1-720x405.jpg 720w, http:\/\/www.dallenogare.biz\/cours\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Pierrot-le-fou-1-560x315.jpg 560w, http:\/\/www.dallenogare.biz\/cours\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Pierrot-le-fou-1.jpg 1024w\" sizes=\"(max-width: 584px) 100vw, 584px\" \/><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-2808 aligncenter\" src=\"http:\/\/www.dallenogare.biz\/cours\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/pierrotlefou1.jpg\" alt=\"\" width=\"584\" height=\"248\" srcset=\"http:\/\/www.dallenogare.biz\/cours\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/pierrotlefou1.jpg 584w, http:\/\/www.dallenogare.biz\/cours\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/pierrotlefou1-300x127.jpg 300w, http:\/\/www.dallenogare.biz\/cours\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/pierrotlefou1-560x238.jpg 560w\" sizes=\"(max-width: 584px) 100vw, 584px\" \/><\/p>\n<p><strong>Une s\u00e9lection\u00a0<\/strong><\/p>\n<ol>\n<li>Vel\u00e1squez est le peintre des soirs, de l\u2019\u00e9tendue et du silence. M\u00eame quand il peint en plein jour, m\u00eame quand il peint dans une pi\u00e8ce close, m\u00eame quand la guerre ou la chasse hurlent autour de lui.\u00a0 (\u00c9lie Faure, <em>Histoire de l\u2019art<\/em>, lu par Ferdinand)<\/li>\n<li>Tu feras ce qu\u2019on te dit (sa femme \u00e0 Ferdinand)<\/li>\n<li>Il y avait la civilisation ath\u00e9nienne, il y a eu la Renaissance, et maintenant on entre dans la civilisation du cul. (Ferdinand)<\/li>\n<li>\u00ab\u2009Un film, c\u2019est comme une bataille\u00a0: amour, haine, action, violence, mort. En un mot\u00a0: \u00e9motion.\u2009\u00bb (Samuel Fuller \u00e0 propos du cin\u00e9ma)<\/li>\n<li>FERDINAND\u00a0: Eh oui\u00a0! c\u2019est la vie. MARIANNE. Oui, mais ce qui me rend triste, c\u2019est que la vie et le roman c\u2019est diff\u00e9rent&#8230; Je voudrais que ce soit pareil&#8230; clair,&#8230; logique,&#8230; organis\u00e9,&#8230; mais \u00e7a ne l\u2019est pas.<\/li>\n<li>De toute fa\u00e7on, il \u00e9tait temps de quitter ce monde d\u00e9gueulasse et pourri.<\/li>\n<li>Mais il leur dit de ne jamais demander ce qui fut d\u2019abord, les mots ou les choses, et ce qui viendra ensuite. (Marianne \u00e0 propos de Ferdinand)<\/li>\n<li>Ah\u00a0! La vie est peut-\u00eatre triste, mais elle est toujours belle, parce que je me sens libre.<\/li>\n<li>MARIANNE\u00a0: Et qu\u2019est-ce que fera\u00a0? FERDINAND\u00a0: Rien. On existera. MARIANNE\u00a0: Oh, la la\u00a0!&#8230; \u00c7a va pas \u00eatre marrant. FERDINAND\u00a0: C\u2019est la vie\u00a0!<\/li>\n<li>MARIANNE\u00a0: Qu\u2019est-ce que je peux faire ?.. . J\u2019sais pas quoi faire&#8230;<\/li>\n<li>FERDINAND\u00a0: Pourquoi t\u2019as l\u2019air triste\u00a0? MARIANNE\u00a0: Parce que tu me parles avec des mots et moi, je te regarde avec des sentiments.<\/li>\n<li>Ne plus d\u00e9crire la vie des gens, mais seulement la vie, la vie toute seule\u00a0; ce qu\u2019il y a entre les gens, l\u2019espace, le son et les couleurs. Je voudrais arriver \u00e0 \u00e7a. Joyce a essay\u00e9, mais on doit pouvoir faire mieux. (Ferdinand)<\/li>\n<li>Au fond, la seule chose int\u00e9ressante, c\u2019est le chemin que prennent les \u00eatres. (Ferdinand)<\/li>\n<li>Nous sommes faits de r\u00eaves et les r\u00eaves sont faits de nous. Il fait beau mon amour dans les r\u00eaves, les mots et la mort. Il fait beau mon amour. Il fait beau dans la vie. (Ferdinand)<\/li>\n<li>Nous sommes faits de r\u00eaves et les r\u00eaves sont faits de nous. Il fait beau mon amour dans les r\u00eaves, les mots et la mort. Il fait beau mon amour. Il fait beau dans la vie. (Ferdinand)<\/li>\n<li>D\u2019ailleurs, je ne recommence pas, je continue. (Marianne)<\/li>\n<li>J\u2019te crois, menteuse (Ferdinand)<\/li>\n<li>Dieu, c\u2019lui-l\u00e0 aussi, j\u2019lui dis \u00ab\u00a0non\u00a0\u00bb. (Ferdinand\u00a0: le dernier mot est-il audible\u00a0?)<\/li>\n<li>Moi\u00a0? Je suis un homme sexuel. (Ferdinand)<\/li>\n<li>Oh, moi, je suis tr\u00e8s sentimentale, c\u2019est tout. Faut \u00eatre rudement con pour trouver \u00e7a myst\u00e9rieux. (Marianne)<\/li>\n<li>Une vie moyenne doit faire&#8230; 250 milliards de secondes. (Marianne)<\/li>\n<li>Tu feras ce qu\u2019on t\u2019a dit. (Marianne)<\/li>\n<li>FERDINAND\u00a0: Y\u2019avait qu\u2019\u00e0 pas faire \u00e7a. MARIANNE\u00a0: Je te demande pardon, Pierrot. FERDINAND\u00a0: Je m\u2019appelle Ferdinand. C\u2019est trop tard.<\/li>\n<li>FERDINAND\u00a0: Apr\u00e8s tout, je suis idiot, moi. Merde, merde\u2009!<\/li>\n<\/ol>\n<p><strong>Une anthologie \u00e9largie de r\u00e9pliques et ensemble de r\u00e9pliques\u00a0<\/strong><\/p>\n<ol>\n<li>Le monde o\u00f9 il vivait \u00e9tait triste. Un roi d\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e9, des infants malades, des idiots, des nains, des infirmes, quelques pitres monstrueux v\u00eatus en princes qui avaient pour fonction de rire d\u2019eux-m\u00eames et d\u2019en faire rire des \u00eatres hors la loi vivante, \u00e9treints par l\u2019\u00e9tiquette, le complot, le mensonge, li\u00e9s par la confession et le remords. Aux portes, l\u2019Autodaf\u00e9, le silence. Un esprit nostalgique flotte, mais on ne voit ni la laideur, ni la tristesse, ni le sens fun\u00e8bre et cruel de cette enfance \u00e9cras\u00e9e. Vel\u00e1squez est le peintre des soirs, de l\u2019\u00e9tendue et du silence. M\u00eame quand il peint en plein jour, m\u00eame quand il peint dans une pi\u00e8ce close, m\u00eame quand la guerre ou la chasse hurlent autour de lui. Comme ils ne sortaient gu\u00e8re aux heures de la journ\u00e9e o\u00f9 l\u2019air est br\u00fblant, o\u00f9 le soleil \u00e9teint tout, les peintres espagnols communiaient avec les soir\u00e9es. (FERDINAND, dans sa baignoire, lisant une page de <em>l\u2019Histoire de l\u2019art<\/em> d\u2019\u00c9lie Faure \u00e0 propos de Diego Vel\u00e1squez)<\/li>\n<li>Tu feras ce qu\u2019on te dit (SA FEMME \u00e0 FERDINAND)<\/li>\n<li>Il y avait la civilisation ath\u00e9nienne, il y a eu la Renaissance, et maintenant on entre dans la civilisation du cul. (FERDINAND)<\/li>\n<li>\u00ab\u2009Un film, c\u2019est comme une bataille\u00a0: amour, haine, action, violence, mort. En un mot\u00a0: \u00e9motion.\u2009\u00bb (SAMUEL FULLER \u00e0 propos du cin\u00e9ma)<\/li>\n<li>FERDINAND\u00a0: J\u2019ai une machine pour voir qui s\u2019appelle les yeux, pour entendre les oreilles, pour parler la bouche. Mais j\u2019ai l\u2019impression que c\u2019est des machines s\u00e9par\u00e9es. Y\u2019a pas d\u2019unit\u00e9. On devrait avoir l\u2019impression d\u2019\u00eatre unique. J\u2019ai l\u2019impression d\u2019\u00eatre plusieurs. UNE FEMME\u00a0: Vous parlez trop, c\u2019est fatigant de vous \u00e9couter. FERDINAND\u00a0: Oui, c\u2019est vrai\u00a0: je parle trop. Les hommes seuls parlent toujours trop.<\/li>\n<li>FERDINAND\u00a0: Chapitre suivant\u00a0: d\u00e9sespoir, m\u00e9moire et libert\u00e9, amertume, espoir, la recherche du temps disparu, Marianne Renoir.<\/li>\n<li>MARIANNE\u00a0: \u00c7a ne va pas\u00a0? Vous avez l\u2019air tout sombre. FERDINAND\u00a0: Y a des jours comme \u00e7a, on rencontre que des abrutis. Alors, on commence \u00e0 se regarder soi-m\u00eame dans une glace, et \u00e0 douter de soi. .. Allez\u00a0! je vous raccompagne.<\/li>\n<li>FERDINAND\u00a0: Vous avez remarqu\u00e9\u00a0? Dans envie, il y a vie. J \u2019avais envie, j\u2019\u00e9tais en vie.<\/li>\n<li>MARIANNE\u00a0: On dit 115 maquisards et \u00e7a n\u2019\u00e9voque rien, alors que pourtant chacun, c\u2019est des hommes, et on sait pas qui c\u2019est. S\u2019ils aiment une femme, s\u2019ils ont des enfants, s\u2019ils aiment mieux aller au cin\u00e9ma qu\u2019au th\u00e9\u00e2tre. On sait rien. On dit juste 115 tu\u00e9s. C\u2019est comme les photographies, \u00e7a m\u2019a toujours fascin\u00e9e. On voit la photo immobile du type avec une l\u00e9gende dessous. C\u2019\u00e9tait un l\u00e2che ou un chic type, mais au moment pr\u00e9cis o\u00f9 la photo a \u00e9t\u00e9 prise, personne peut dire qui \u00e9tait-ce r\u00e9ellement et ce qu\u2019il pensait\u00a0: \u00e0 sa femme, \u00e0 sa ma\u00eetresse, au pass\u00e9, au futur, au basket-ball. FERDINAND\u00a0: Eh oui\u00a0! c\u2019est la vie. MARIANNE. Oui, mais ce qui me rend triste, c\u2019est que la vie et le roman c\u2019est diff\u00e9rent&#8230; Je voudrais que ce soit pareil&#8230; clair,&#8230; logique,&#8230; organis\u00e9,&#8230; mais \u00e7a ne l\u2019est pas. FERDINAND\u00a0: Si&#8230; beaucoup plus que les gens ne le croient.<\/li>\n<li>De toute fa\u00e7on, il \u00e9tait temps de quitter ce monde d\u00e9gueulasse et pourri. (FERDINAND)<\/li>\n<li>MARIANNE (chantant)\u00a0: Et puis des mots d\u2019amour sont venus sur n os l\u00e8vres nues, petit \u00e0 petit, des tas de mots d\u2019amour se sont m\u00eal\u00e9s tout doucement \u00e0 nos baisers. (&#8230;) N\u2019\u00e9changeons surtout pas de tels serments, me connaissant. te connaissant. Gardons le sentiment que notre amour est un amour, que notre amour est un amour sans lendemain. FERDINAND :\u00a0De toute fa\u00e7on, on le saura quand on sera mort, dans soixante ans, si on s\u2019est toujours aim\u00e9s. MARIANNE\u00a0: Mais non, moi, je sais que je t\u2019aime. Mais pour toi, je ne suis pas si s\u00fbre, je suis pas s\u00fbre. FERDINAND\u00a0: Si, Marianne, si. MARIANNE\u00a0: Bon, on va bien voir.<\/li>\n<li>FERDINAND\u00a0: Mettez un tigre dans mon moteur. POMPISTE\u00a0: On n\u2019a pas de tigre ici.<\/li>\n<li>POMPISTE\u00a0: Qu\u2019est-ce qui vous prend\u00a0? Vous n\u2019avez pas honte\u00a0? Vous n\u2019avez pas d\u2019argent\u00a0? MARIANNE\u00a0: Non, m\u2019sieur, on n\u2019a pas d\u2019argent. POMPISTE\u00a0: Eh ben, il faut travailler pour gagner de l\u2019argent. Vous ne voulez pas travailler\u00a0? MARIANNE\u00a0: Non, m\u2019sieur, on veut pas travailler. POMPISTE\u00a0: Alors, comment allez-vous faire pour payer l\u2019essence\u00a0?<\/li>\n<li>MARIANNE\u00a0: Qu\u2019est-ce que tu fais\u00a0? FERDINAND\u00a0: Je m\u2019regarde. MARIANNE\u00a0: Et qu\u2019est-ce que tu vois\u00a0? FERDINAND\u00a0: Le visage d\u2019un type qui va se jeter \u00e0 100 \u00e0 l\u2019heure dans un pr\u00e9cipice. Une voiture passe. Marianne, en premier plan, se regarde \u00e0 son tour dans le r\u00e9troviseur. MARIANNE\u00a0: Moi, j\u2019y vois le visage d\u2019une femme qui est amoureuse du type qui va se jeter \u00e0 cent \u00e0 l\u2019heure dans un pr\u00e9cipice. FERDINAND\u00a0: Alors, embrassons-nous.<\/li>\n<li>MARIANNE\u00a0: Ferdinand leur raconta d\u2019abord l\u2019histoire de Guynemer, mais ils n\u2019\u00e9coutaient pas. Alors, il parla de l\u2019\u00e9t\u00e9 &#8230;\u00a0 Et du d\u00e9sir qu\u2019ont les amants de respirer l\u2019air&#8230; (gros plan sur un tableau d\u2019Auguste Renoir repr\u00e9sentant une femme nue, mollement allong\u00e9e sur un linge blanc au bord de l\u2019eau)&#8230; ti\u00e8de du soir. Il leur parla (retour sur un reflet de soleil) de l\u2019homme, des saisons, des rencontres inattendues&#8230; Mais il leur dit de ne jamais demander ce qui fut d\u2019abord, les mots ou les choses, et ce qui viendra ensuite.<\/li>\n<li>MARIANNE\u00a0: Tu sais ce qu\u2019on aurait pu faire avec cet argent-l\u00e0\u00a0? On aurait pu aller \u00e0 Chicago, \u00e0 Las Vegas, Monte-Carlo. Pauvre con\u00a0! FERDINAND\u00a0: Oui, et moi, Florence, Venise, Ath\u00e8nes. Allez, allons-y. Les voyages forment la jeunesse.<\/li>\n<li>FERDINAND\u00a0: Ben, y a qu\u2019\u00e0 s\u2019arr\u00eater n\u2019importe o\u00f9. Y aura qu\u2019\u00e0 s\u2019arr\u00eater n\u2019importe o\u00f9. MARIANNE\u00a0: Et qu\u2019est-ce qu\u2019on fera toute la journ\u00e9e\u00a0? Non, il faut d\u2019abord retrouver mon fr\u00e8re. Il nous donnera plein de fric,\u00a0et puis ensuite on se trouvera un chouette h\u00f4tel chic et on rigolera. FERDINAND\u00a0: Vous voyez\u00a0: elle\u00a0pense qu\u2019\u00e0 rigoler\u00a0! MARIANNE\u00a0: A qui tu parles ?\u00a0 FERDINAND\u00a0: Au spectateur.<\/li>\n<li>MARIANNE\u00a0: Tu vois, je te l\u2019avais dit tu le regrettes d\u00e9j\u00e0. Tu es fou d\u2019avoir fait \u00e7a. FERDINAND\u00a0: Non, je suis amoureux. MARIANNE (elle pose sa main sur la nuque de Ferdinand). C\u2019est la m\u00eame chose. (elle l\u2019embrasse tendrement sur la joue.) Moi, j\u2019ai d\u00e9cid\u00e9 de plus jamais tomber amoureuse. (elle lui caresse la nuque.) Je trouve \u00e7a d\u00e9go\u00fbtant.<\/li>\n<li>FERDINAND\u00a0: Ah\u00a0! d\u00e8s qu\u2019on plaque une femme, elle commence \u00e0 dire qu\u2019on ne tourne pas rond. MARIANNE. Oh\u00a0! les hommes, c\u2019est kif-kif\u00a0! FERDINAND. C\u2019est vrai. D\u2019ailleurs, je ne sais pas pourquoi, je commence \u00e0 sentir l\u2019odeur de la mort. MARIANNE\u00a0: Tu la regrettes. Allez, dis-le, dis-le\u00a0! FERDINAND. Oh\u00a0! arr\u00eate\u00a0! Tu m\u2019\u00e9nerves. Non&#8230; l\u2019odeur de la mort dans le paysage, les arbres, les visages de femmes, les autos&#8230;<\/li>\n<li>FERDINAND\u00a0: Y a dix minutes, je voyais la mort partout, maintenant c\u2019est le contraire. Regarde&#8230; La mer. les vagues, le ciel. Ah\u00a0! La vie est peut-\u00eatre triste, mais elle est toujours belle, parce que je me sens libre. On peut faire ce qu\u2019on veut.<\/li>\n<li>FERDINAND\u00a0: L\u2019amour est \u00e0 r\u00e9inventer. MARIANNE\u00a0: La vraie vie est ailleurs. Des si\u00e8cles et des si\u00e8cles s\u2019enfuirent dans le lointain comme des orages. FERDINAND\u00a0: Je la tins contre moi, et je me mis \u00e0 pleurer. MARIANNE\u00a0: C\u2019\u00e9tait le premier&#8230; C\u2019\u00e9tait le seul r\u00eave. &#8211; <em>(la premi\u00e8re r\u00e9plique est une citation d\u2019Arthur Rimbaud, la deuxi\u00e8me est une phrase attribu\u00e9e \u00e0 Arthur Rimbaud)<\/em><\/li>\n<li>MARIANNE\u00a0: Oui. O\u00f9 on va\u00a0? FERDINAND\u00a0: Dans l\u2019\u00eele myst\u00e9rieuse, comme les Enfants du Capitaine Grant. MARIANNE\u00a0: Et qu\u2019est-ce que fera\u00a0? FERDINAND\u00a0: Rien. On existera. MARIANNE\u00a0: Oh, la la\u00a0!&#8230; \u00c7a va pas \u00eatre marrant. FERDINAND\u00a0: C\u2019est la vie\u00a0!<\/li>\n<li>Heureusement que j\u2019aime pas les \u00e9pinards, sans \u00e7a j\u2019en mangerais. Or, je peux pas les supporter. Et avec toi, c\u2019est pareil, sauf que c\u2019est le contraire. Y avait un film comme \u00e7a avec Michel Simon. (FERDINAND)<\/li>\n<li>J\u2019ai d\u00e9cid\u00e9 d\u2019\u00e9crire mon journal. Quel est l\u2019\u00eatre vivant qui, face \u00e0 la nature, ne croit la force de le d\u00e9crire par le langage\u00a0?&#8230; (FERDINAND)<\/li>\n<li>FERDINAND. Ah\u00a0! Ferdinand !. .. MARIANNE. Tu connaissais\u00a0? FERDINAND\u00a0(lisant une page de Louis-Ferdinand C\u00e9line)\u00a0: \u00ab\u00a0Je suis de feu !. .. Je suis lumi\u00e8re\u00a0!&#8230; Je suis miracle !. ..Je n\u2019entends plus rien !. .. Je m \u2019\u00e9l\u00e8ve !. ..\u00a0 Je passe dans les airs\u00a0!&#8230; Ah\u00a0! c\u2019est trop !. .. J \u2019ai vu le bonheur devant moi&#8230; \u00e9motion surnaturelle !. ..\u00a0 Et puis je ne sais plus rien\u00a0!&#8230; J\u2019avance un petit peu les mains&#8230; J \u2019ose&#8230; vers la droite !. .. je touche, j\u2019effleure les cheveux de ma f\u00e9e\u00a0!&#8230;\u00a0 de la merveille ador\u00e9e&#8230; Virginia\u00a0!&#8230; MARIANNE (regardant la couverture du roman)\u00a0: \u00ab\u00a0Guignol&rsquo; s Band !!!\u00a0!&#8230; ! Tu viens\u00a0? FERDINAND (continuant \u00e0 lire)\u00a0: Parfait bonheur\u00a0!&#8230; Ah\u00a0! je me trouvais en \u00e9merveillement si intense que je n \u2019osais plus remuer&#8230; \u00e9mu&#8230; heureux jusqu\u2019aux larmes&#8230;\u00a0transi de bonheur&#8230; Je palpite&#8230; palpite&#8230;<\/li>\n<li>La po\u00e9sie, c\u2019est qui perd gagne. (Journal de FERDINAND)<\/li>\n<li>MARIANNE\u00a0: Qu\u2019est-ce que je peux faire ?.. . Je sais pas quoi faire&#8230; Qu\u2019est-ce que peux faire\u00a0?&#8230; Je sais pas quoi faire&#8230; Qu\u2019est-ce que je peux faire\u00a0?&#8230; Je sais pas quoi faire&#8230; FERDINAND. Silence\u00a0! J\u2019\u00e9cris.<\/li>\n<li>FERDINAND\u00a0: Pourquoi t\u2019as l\u2019air triste\u00a0? MARIANNE\u00a0: Parce que tu me parles avec des mots et moi, je te regarde avec des sentiments. FERDINAND\u00a0: Avec toi, on peut pas avoir de conversation. T\u2019as jamais d\u2019id\u00e9es, toujours des sentiments. MARIANNE\u00a0: Mais c \u2019est pas vrai\u00a0! Y a des id\u00e9es dans les sentiments. FERDINAND\u00a0: Bon. On va essayer d\u2019avoir une conversation s\u00e9rieuse. Tu vas me dire ce que tu aimes, ce que tu as envie, et la m\u00eame chose pour moi. Alors, vas-y, commence. MARIANNE\u00a0: Les fleurs, les animaux, le bleu du ciel, le bruit de la musique&#8230; Je sais pas, moi&#8230; Tout\u00a0! Et toi\u00a0? FERDINAND\u00a0: Euh&#8230; L\u2019ambition,\u00a0l\u2019espoir, le mouvement des choses, les accidents,&#8230; je&#8230; je&#8230; quoi encore\u00a0? Je sais pas, moi&#8230; Enfin, tout\u00a0! MARIANNE\u00a0: Tu vois, j\u2019avais raison y a cinq ans :\u00a0 tu me comprends jamais.<\/li>\n<li>MARIANNE\u00a0: Y a que j\u2019en ai marre\u00a0! J \u2019en ai marre de la mer, du soleil, du sable, et puis de ces boites de conserve, c\u2019est tout. J \u2019en ai marre de toujours porter la m\u00eame robe\u00a0! Je veux partir d\u2019ici\u00a0! Je veux vivre, moi.<\/li>\n<li>FERDINAND\u00a0: J\u2019ai trouv\u00e9 une id\u00e9e de roman. Ne plus d\u00e9crire la vie des gens, mais seulement la vie, la vie toute seule\u00a0; ce qu\u2019il y a entre les gens, l\u2019espace, le son et les couleurs. Je voudrais arriver \u00e0 \u00e7a. Joyce a essay\u00e9, mais on doit pouvoir faire mieux.<\/li>\n<li>FERDINAND. Je t\u2019ai dit\u00a0: un disque tous les cinquante livres. La musique apr\u00e8s la litt\u00e9rature\u00a0!<\/li>\n<li>FERDINAND\u00a0: Le courage consiste \u00e0 rester chez soi, pr\u00e8s de la nature, et ne tient aucun compte de nos d\u00e9sastres. (citation du peintre Joan Miro)<\/li>\n<li>FERDINAND\u00a0: Au fond, la seule chose int\u00e9ressante, c\u2019est le chemin que prennent les \u00eatres. Le tragique, c\u2019est qu\u2019une fois qu\u2019on sait o\u00f9 ils vont, qui ils sont, tout reste encore myst\u00e9rieux. MARIANNE\u00a0: Comme une odeur des eucalyptus\u00a0! FERDINAND\u00a0: Eucalyptus, c\u2019est \u00e7a. MARIANNE\u00a0: Tu parles, Charles\u00a0! FERDINAND\u00a0: Et la vie, c\u2019est ce myst\u00e8re jamais r\u00e9solu. MARIANNE\u00a0: Tu te grouilles, Paul, non\u00a0? FERDINAND\u00a0: Ta gueule, Virginie\u00a0!<\/li>\n<li>Nous sommes des morts en permission. Et les arbres\u00a0? (Journal de FERDINAND)<\/li>\n<li>MARIANNE\u00a0: Je m \u2019en fiche, des livres, des disques, je m\u2019en fiche de tout, m\u00eame de l\u2019argent. Ce que je veux, moi, c\u2019est vivre.<\/li>\n<li>MARIANNE (chantant)\u00a0: Moi, j\u2019ai une toute petite ligne de chance (\u2026) Mais regarde ma petite ligne de chance\u00a0! Mais regarde ma petite ligne de chance\u00a0! Regarde ce tout petit destin\u00a0! Si petit au creux de la main !\u00a0 Ma ligne de chance, ma ligne de chance\u00a0! Dis\u00b7moi ch\u00e9ri qu\u2019est-ce que t\u2019en penses\u00a0? FERDINAND\u00a0: Ce que j\u2019en pense\u00a0? Quelle importance ?\u00a0 Ta ligne de hanche&#8230;<\/li>\n<li>FERDINAND\u00a0: Peut-\u00eatre que je r\u00eave debout. Elle me fait penser \u00e0 la musique. Son visage. On est arriv\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9poque des hommes doubles. On n\u2019a plus besoin de miroir pour parler tout seul. Quand Marianne pour parler tout seul dit \u00ab\u00a0Il fait beau\u00a0\u00bb,\u00a0\u00e0 quoi elle pense\u00a0? D\u2019elle je n\u2019ai que cette apparence disant\u00a0: \u00ab\u00a0Il fait beau\u00a0\u00bb Rien d\u2019autre. A quoi bon expliquer \u00e7a\u00a0? Nous sommes faits de r\u00eaves et les r\u00eaves sont faits de nous. Il fait beau mon amour dans les r\u00eaves, les mots et la mort. Il fait beau mon amour. Il fait beau dans la vie.<\/li>\n<li>FERDINAND\u00a0: Enfin, \u00e9coute, Marianne, on ne va pas recommencer\u00a0! MARIANNE\u00a0: Je t\u2019ai dit de me laisser tranquille\u00a0! D\u2019ailleurs, je ne recommence pas, je continue.<\/li>\n<li>MARIANNE. Tu sais ce que tu devrais \u00e9crire comme roman\u00a0? FERDINAND\u00a0: Non, quoi\u00a0? MARIANNE\u00a0: Quelqu\u2019un qui se prom\u00e8ne dans Paris, et tout d\u2019un coup, il voit la mort. Alors, il part tout de suite dans le Midi pour \u00e9viter de la rencontrer, parce qu\u2019il trouve que ce n\u2019est pas encore son heure. FERDINAND. Et alors\u00a0? MARIANNE :\u00a0 Et alors, il roule toute la nuit \u00e0 toute vitesse, et en arrivant le matin au bord de la mer, il rentre dans un camion, et il meurt, juste au moment o\u00f9 il croyait que la mort avait perdu sa trace.<\/li>\n<li>FERDINAND\u00a0: Belle et grande mort pour un petit homme\u00a0!<\/li>\n<li>FERDINAND (citant un po\u00e8me de Frederico Garcia Lorca\u00a0: <em>Le coup de corne et la mort<\/em>)\u00a0: Le sang, je\u00a0ne veux pas le voir\u00a0? Ah\u00a0! quelles terribles cinq heures du soir\u00a0! Le sang, je ne veux pas le voir. Le sang, je ne veux pas le voir. Ah\u00a0! quelles terribles cinq heures du soir\u00a0! Ah\u00a0!<\/li>\n<li>FERDINAND\u00a0: Car les mots au milieu des t\u00e9n\u00e8bres ont un \u00e9trange pouvoir d\u2019\u00e9clairement de la chose qu\u2019ils nomment. En MARIANNE effet&#8230; FERDINAND\u00a0: M\u00eame si elle est compromise dans l\u2019horizon quotidien&#8230; MARIANNE\u00a0: Le langage souvent veut la puret\u00e9<\/li>\n<li>Marianne&#8230; Ariane mer&#8230; \u00e2me amer&#8230; arme (Journal de Ferdinand)<\/li>\n<li>MARIANNE\u00a0: Alors\u00a0ensuite je suis partie n\u2019importe o\u00f9. Je ne sais vraiment plus o\u00f9 j\u2019\u00e9tais et j\u2019ai eu peur de retourner au bord de la mer et un jour, par hasard, j\u2019ai rencontr\u00e9 Fred \u00e0 Toulon, dans un bar. Si\u00a0! Si\u00a0! Au Las Vegas \u00e0 Toulon. FERDINAND\u00a0: Et comment t\u2019as su que j\u2019travaillais ici\u00a0? MARIANNE\u00a0: Mais par hasard aussi. C\u2019est vrai, tu sais. FERDINAND\u00a0: J\u2019te crois, menteuse. MARIANNE\u00a0: Pourquoi qu\u2019tu crois jamais que j\u2019taime\u00a0? Je t\u2019aime \u00e0 ma mani\u00e8re. FERDINAND\u00a0: Oui, c\u2019t\u2019exact. MARIANNE :\u00a0 La preuve\u00a0! Regarde\u00a0! Hier je suis all\u00e9e sur notre plage et j\u2019ai ramass\u00e9 ton cahier. FERDINAND\u00a0: Merci. MARIANNE\u00a0: Regarde la derni\u00e8re page. Ya un p\u2019tit po\u00e8me sur toi. C\u2019est de moi. FERDINAND\u00a0: tendre et cruel, r\u00e9el et surr\u00e9el, terrifiant et marrant, nocturne et diurne, solite et insolite, beau comme tout. MARIANNE\u00a0: Pierrot le fou. FERDINAND\u00a0: J\u2019m\u2019appelle Ferdinand, j\u2019te l\u2019ai d\u00e9j\u00e0 dit. Bon.. Merde, \u00e0 la fin, nom de Dieu. MARIANNE\u00a0: Si tu crois qu\u2019\u00e7a t\u2019va bien de dire Nom de Dieu, tu t\u2019trompes. FERDINAND\u00a0: Dieu, celui-l\u00e0 aussi j\u2019lui dis&#8230; (inaudible\u00a0: \u00ab\u00a0non\u00a0\u00bb\u00a0?) MARIANNE\u00a0: Ne parle pas de cett&rsquo; mani\u00e8re. FERDINAND\u00a0: Tu peux parler\u00a0: on est recherch\u00e9s pour meurtre.<\/li>\n<li>FERDINAND\u00a0: Je te regarde, je t\u2019\u00e9coute&#8230; Mais c\u2019est pas \u00e7a qu\u2019il y a d\u2019important\u00a0! MARIANNE\u00a0: Ah, merci\u00a0! FERDINAND\u00a0: Non, veux dire \u00e0 ce moment pr\u00e9cis. D\u2019ailleurs, il est d\u00e9j\u00e0 pass\u00e9. Tu sais, je ne sais pas, euh&#8230; La couleur du ciel bleu, les rapports entre toi et moi. MARIANNE\u00a0: Je ne comprends pas. FERDINAND\u00a0: Je voudrais que le temps s\u2019arr\u00eate. Tu vois, je pose ma main sur ton genou. C\u2019est merveilleux, en soi. C\u2019est \u00e7a, la vie\u00a0: l\u2019espace, les sentiments&#8230; Au lieu de \u00e7a, je vais te suivre, continuer notre histoire pleine de bruit et de fureur. Mais remarque, \u00e7a m\u2019est \u00e9gal. Il la suit du regard. MARIANNE\u00a0: Tu viens\u00a0? Fred nous attend. FERDINAND\u00a0: Okay, j\u2019ai rien dit. Allons-y, Alonzo.<\/li>\n<li>FERDINAND\u00a0: C\u2019est dr\u00f4le d\u2019\u00eatre en vie apr\u00e8s tous ces morts qu\u2019on a vu d\u00e9filer. MARIANNE\u00a0: Oh, oui. c\u2019est dr\u00f4le\u00a0! Ho, ho, ho, ho\u00a0!<\/li>\n<li>MARIANNE\u00a0: Et toi, finalement, tu sais ce que tu es\u00a0? FERDINAND\u00a0: Moi\u00a0? Je suis un homme sexuel. MARIANNE\u00a0: C\u2019est \u00e7a\u00a0! Moi, je sais ce que tu es, mais toi, tu ne le sais pas. FERDINAND\u00a0: C\u2019est vrai\u00a0! Je suis un vaste point d\u2019interrogation face \u00e0 l\u2019horizon m\u00e9diterran\u00e9en\u00a0!<\/li>\n<li>MARIANNE\u00a0: Oh, moi, je suis tr\u00e8s sentimentale, c\u2019est tout. Faut \u00eatre rudement con pour trouver \u00e7a myst\u00e9rieux.<\/li>\n<li>MARIANNE\u00a0: Bon\u00a0! Je vais te dire quelque chose. Dans une heure, il y a 3600 secondes. Dans un jour, \u00e7a doit faire dans les cent mille. Une vie moyenne doit faire&#8230; 250 milliards de secondes. Depuis qu\u2019on se conna\u00eet, nous deux, on s\u2019est vu en tout un mois. Si on additionne tout \u00e7a, \u00e7a fait que moi, je t\u2019ai vu seulement pendant un ou deux millions de secondes, sur 250 milliards que fait ta vie. C\u2019est pas beaucoup. Alors, \u00e7a ne m\u2019\u00e9tonne pas que tu saches pas qui j\u2019aime vraiment.<\/li>\n<li>MARIANNE : \u00c9coute ! Ouvre tes yeux et tes oreilles, tu verras bien. Tu te souviens de l\u2019odeur de l\u2019eucalyptus ? FERDINAND : Avec toi, c\u2019est toujours compliqu\u00e9 ! MARIANNE : Non, tout est simple. FERDINAND : Y a trop d\u2019\u00e9v\u00e9nements \u00e0 la fois. MARIANNE : Non, du tout. FERDINAND : Y a un petit port, comme dans les romans de Conrad&#8230; MARIANNE : Un bateau \u00e0 voile, comme dans les romans de Stevenson&#8230; FERDINAND : Un ancien bordel, comme dans les romans de Faulkner&#8230; MARIANNE : Un type qui est devenu milliardaire, comme dans les romans de Jack London. FERDINAND : Avec toi, c\u2019est toujours compliqu\u00e9. MARIANNE : Non, tout est simple. FERDINAND : Y a trop d\u2019\u00e9v\u00e9nements \u00e0 la fois. MARIANNE : Non.<\/li>\n<li>FERDINAND\u00a0: L\u2019argent. MARIANNE\u00a0: Les autres ne sont pas&#8230; FERDINAND\u00a0: Au courant. MARIANNE\u00a0: Ils vont \u00eatre&#8230; FERDINAND\u00a0: Furieux. MARIANNE\u00a0: Ils vont suivre Fred. On va se d\u00e9barrasser d\u2019eux. FERDINAND\u00a0: Et apr\u00e8s\u00a0? MARIANNE\u00a0: Tu feras ce qu\u2019on t\u2019a dit.<\/li>\n<li>MARIANNE\u00a0: Quoi\u00a0? FERDINAND\u00a0: TWA. Nice, 3 heures moins le quart. Tahiti. Un avion. Y a qu\u2019\u00e0 le prendre. MARIANNE\u00a0: Tous les deux, \u00e9videmment. FERDINAND\u00a0: \u00c9videmment, oui\u00a0! MARIANNE\u00a0: \u00c9videmment. C\u2019est dr\u00f4le, en Fran\u00e7ais. Finalement, les mots disent le contraire de ce qu\u2019ils veulent dire. On dit \u00ab\u00a0\u00e9videmment\u00a0\u00bb, et les choses ne sont pas du tout \u00e9videntes. FERDINAND\u00a0: Oui, par exemple, pour moi, c\u2019\u00e9tait \u00e9vident que je ne retrouverais pas le vieux du yacht avec une balle entre les yeux. Mais en plus, elle est ressortie par la nuque.<\/li>\n<li>FERDINAND\u00a0: Je la tins contre moi et je mis \u00e0 pleurer. MARIANNE\u00a0: C\u2019\u00e9tait le premier, c\u2019\u00e9tait le seul r\u00eave. Il arrive face \u00e0 nous, tourne sur lui-m\u00eame.<\/li>\n<li>FERDINAND\u00a0: Yavait qu\u2019\u00e0 pas faire \u00e7a. MARIANNE\u00a0: Je te demande pardon, Pierrot. FERDINAND\u00a0: Je m\u2019appelle Ferdinand. C\u2019est trop tard.<\/li>\n<li>FERDINAND\u00a0: Apr\u00e8s tout, je suis idiot, moi. Merde, merde\u2009!<\/li>\n<li>MARIANNE\u00a0: Elle est retrouv\u00e9e. FERDINAND\u00a0: Quoi\u00a0? MARIANNE\u00a0: L\u2019\u00c9ternit\u00e9. FERDINAND\u00a0: C\u2019est la mer all\u00e9e. MARIANNE\u00a0: Avec le soleil. (Arthur Rimbaud\u00a0: <em>L\u2019\u00e9ternit\u00e9<\/em>, mai 1872).<\/li>\n<\/ol>\n<p><a href=\"http:\/\/www.dallenogare.biz\/cours\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/sable.jpg\"><img decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-2809\" src=\"http:\/\/www.dallenogare.biz\/cours\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/sable-300x221.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"369\" srcset=\"http:\/\/www.dallenogare.biz\/cours\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/sable-300x221.jpg 300w, http:\/\/www.dallenogare.biz\/cours\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/sable-768x567.jpg 768w, http:\/\/www.dallenogare.biz\/cours\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/sable-720x532.jpg 720w, http:\/\/www.dallenogare.biz\/cours\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/sable-560x413.jpg 560w, http:\/\/www.dallenogare.biz\/cours\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/sable.jpg 1024w\" sizes=\"(max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><\/p>\n<hr \/>\n<p><a href=\"http:\/\/www.dallenogare.biz\/fr4\/necrologie-jean-luc-godart-projection-du-film-pierrot-le-fou\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Une pr\u00e9sentation g\u00e9n\u00e9rale de Jean-Luc Godard et du film (sur le site de mon cours de fran\u00e7ais)<\/a><\/p>\n<hr \/>\n<p><strong><a href=\"http:\/\/www.dallenogare.biz\/cours\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/20220918-repliques-pierrot-le-fou.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Afficher et t\u00e9l\u00e9charger le pdf de l&rsquo;article<\/a><br \/>\n<\/strong><a href=\"http:\/\/www.dallenogare.biz\/cours\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/20220918-repliques-pierrot-le-fou-14.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Version avec police de caract\u00e8re et interlignes plus grands<\/a><br \/>\n<a href=\"http:\/\/www.dallenogare.biz\/cours\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/20220918-repliques-pierrot-le-fou.docx\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Version Word .docx<\/a><\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.dallenogare.biz\/fr4\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/je-suis-de-feu-Louis-Ferdinand-Celine.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">La page de Louis-Ferdinand C\u00e9line lue par Ferdinand<\/a> (r\u00e9pliques n\u00b0 25) &#8211;\u00a0 <a href=\"http:\/\/www.dallenogare.biz\/fr4\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/je-suis-de-feu-Louis-Ferdinand-Celine-14.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Version en police 14<\/a> &#8211; <a href=\"http:\/\/www.dallenogare.biz\/fr4\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/je-suis-de-feu-Louis-Ferdinand-Celine.docx\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Version Word<\/a><\/p>\n<p>Le roman de Jacques-Henri Bernardin de Saint Pierre, <em>Paul et Virginie\u00a0<\/em>(1789) est \u00e9voqu\u00e9 \u00e0 la r\u00e9plique 33<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.dallenogare.biz\/fr4\/ebooks\/Bernardin_de_Saint-Pierre-Paul_et_Virginie.epub\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Le t\u00e9l\u00e9charger en version pour liseuse ou application liseuse sur smartphone (format epub)<\/a>(commence apr\u00e8s le pr\u00e9ambule d&rsquo;une quarantaine de pages)<br \/>\n<a href=\"http:\/\/www.dallenogare.biz\/cours\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Paul-et-Virginie.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Version pdf<\/a> &#8211; <a href=\"http:\/\/www.dallenogare.biz\/cours\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Paul-et-Virginie.docx\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Version Word .docx<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Un esprit nostalgique flotte, mais on ne voit ni la laideur, ni la tristesse, ni le sens fun\u00e8bre et cruel &hellip; <a class=\"more-link\" href=\"http:\/\/www.dallenogare.biz\/cours\/repliques-et-phrases-de-pierrot-le-fou-jean-luc-godart-qui-donne-de-quoi-penser-la-vie-lamour-le-temps-le-tragique\/\">Plus<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":2807,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[2,12,17,16,9,15,3,18],"tags":[],"class_list":["post-2796","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-cinquiemes","category-education-a-la-philosophie-et-citoyennete","category-hommes-et-femmes-il-les-crea-sengager-dans-la-relation-amoureuse","category-libre-pour-me-decider-et-mengager","category-pourquoi-des-lois","category-sengager","category-sixiemes","category-spiritualite",""],"jetpack_featured_media_url":"http:\/\/www.dallenogare.biz\/cours\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/161129_PierrotleFou.jpg","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/www.dallenogare.biz\/cours\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2796","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/www.dallenogare.biz\/cours\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/www.dallenogare.biz\/cours\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.dallenogare.biz\/cours\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.dallenogare.biz\/cours\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2796"}],"version-history":[{"count":81,"href":"http:\/\/www.dallenogare.biz\/cours\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2796\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2918,"href":"http:\/\/www.dallenogare.biz\/cours\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2796\/revisions\/2918"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.dallenogare.biz\/cours\/wp-json\/wp\/v2\/media\/2807"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/www.dallenogare.biz\/cours\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2796"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.dallenogare.biz\/cours\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2796"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.dallenogare.biz\/cours\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2796"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}