{"id":2197,"date":"2022-01-07T12:29:21","date_gmt":"2022-01-07T11:29:21","guid":{"rendered":"http:\/\/www.dallenogare.biz\/fr4\/?p=2197"},"modified":"2023-03-06T15:19:23","modified_gmt":"2023-03-06T14:19:23","slug":"photographie-une-interview-de-sebastiao-salgado-dans-le-journal-la-libre-belgique","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.dallenogare.biz\/fr4\/photographie-une-interview-de-sebastiao-salgado-dans-le-journal-la-libre-belgique\/","title":{"rendered":"Photographie : une interview de Sebasti\u00e3o Salgado dans le journal La Libre Belgique"},"content":{"rendered":"<h2><strong>Sebasti\u00e3o Salgado: \u00ab\u00a0La beaut\u00e9 de l\u2019\u00eatre humain, c\u2019est sa dignit\u00e9\u00a0\u00bb<\/strong><\/h2>\n<p><a href=\"https:\/\/www.lalibre.be\/journaliste\/francis-van-de-woestyne-5aeac33cabced31d869fa300\/\">Francis Van de Woestyne<\/a> Editorialiste en chef<\/p>\n<p>Publi\u00e9 le\u00a009-01-2022 \u00e0 08h39<\/p>\n<p><em>Sebasti\u00e3o Salgado est un des plus grands et des plus r\u00e9put\u00e9s photographes. Dans un entretien exceptionnel accord\u00e9 \u00e0 La Libre, il raconte son enfance, sa jeunesse, son art et ses convictions.<\/em><\/p>\n<p>Paris. Quai de Valmy. La b\u00e2tisse qui abrite son studio est ancienne, \u00e9l\u00e9gante, sobre. Le domaine de Sebasti\u00e3o Salgado occupe le rez-de-chauss\u00e9e et le sous-sol. C\u2019est l\u00e0 que le ma\u00eetre travaille, entour\u00e9 de sa fid\u00e8le L\u00e9lia qui partage sa vie depuis bient\u00f4t 60 ans. Sur les tables, les tirages noir et blanc que Sebastiao signe et num\u00e9rote, au crayon. Celui-ci est pour le MoMA, l\u2019autre ira \u00e0 Londres.<\/p>\n<p>Je ne suis pas venu seul. Lorsque j&rsquo;ai annonc\u00e9 que le prochain\u00a0<em>\u00c9tats d&rsquo;\u00e2me\u00a0<\/em>serait avec Sebasti\u00e3o Salgado, Jean-Christophe Guillaume, dit JC, qui r\u00e9alise beaucoup des excellentes photos de cette s\u00e9rie, n&rsquo;a pas h\u00e9sit\u00e9 :\u00a0<em>\u00ab\u00a0J<\/em>\u00a0<em>e viens avec toi<\/em>\u00a0<em>\u2026 !\u00a0\u00bb<\/em>\u00a0Salgado, c&rsquo;est sa r\u00e9f\u00e9rence. Quand Ennio, jeune photographe de l&rsquo;\u00e9quipe, a entendu que la rencontre se pr\u00e9parait, il a eu la m\u00eame r\u00e9action. \u00ab\u00a0<em>J&rsquo;aimerais tant vous accompagner\u2026<\/em>\u00a0\u00bb En route.<\/p>\n<p>Salgado est l\u2019un des photographes les plus marquants des quarante derni\u00e8res ann\u00e9es. Rien ne le destinait \u00e0 cette carri\u00e8re, lui qui est n\u00e9 dans une ferme au Br\u00e9sil. Pays qu\u2019il fuira avec sa femme en 1968, lorsque la dictature imposera arrestations et tortures. Paris sera leur terre d\u2019accueil. Puis Londres, d\u2019o\u00f9 il partira en mission pour la Banque mondiale avant de se rendre compte que les photos qu\u2019il prenait lors de ses voyages en Afrique lui procuraient plus de plaisir que la r\u00e9daction des rapports.<\/p>\n<p>Tr\u00e8s vite, ses clich\u00e9s noir et blanc, pris lors de la famine au Sahel, feront le tour du monde :\u00a0<em>\u00ab\u00a0Je\u00a0ne suis pas le photographe de la dignit\u00e9. Mais la beaut\u00e9 de l&rsquo;\u00eatre humain, c&rsquo;est sa dignit\u00e9.\u00a0\u00bb<\/em>\u00a0Il vit chaque reportage jusqu&rsquo;au plus profond de son \u00eatre, passe des mois, voire des ann\u00e9es dans un pays, aupr\u00e8s d&rsquo;un peuple pour mieux le conna\u00eetre, le comprendre. Sa vie, c&rsquo;est la photo. Depuis vingt ans, il a une autre passion : la sauvegarde de la for\u00eat et de la biodiversit\u00e9 amazonienne. Intarissable sur le sujet.<\/p>\n<p>La conversation sillonne, d&rsquo;un c\u00f4t\u00e9 \u00e0 l&rsquo;autre du globe. Press\u00e9 par son assistant, qui lui rappelle le rendez-vous suivant &#8211; un journaliste venu de Londres o\u00f9 s&rsquo;ouvre l&rsquo;exposition Amaz\u00f4nia &#8211; Sebasti\u00e3o Salgado interrompt son r\u00e9cit. S&rsquo;il a pris le temps de r\u00e9pondre aux questions, il a aussi envie de dialoguer avec les deux photographes qui le mitraillent, dont il a per\u00e7u l&rsquo;impatience et l&rsquo;amour du m\u00e9tier. Il les interroge sur la focale, le mat\u00e9riel, la lumi\u00e8re. Se pr\u00eate au portrait tout en leur prodiguant des conseils. Le temps passe, le courant aussi. Je ne sais pas qui est le plus heureux. JC et Ennio, trop contents de dialoguer avec leur ma\u00eetre. Ou Sebasti\u00e3o, satisfait de voir que la passion de sa vie se perp\u00e9tue :\u00a0<em>\u00ab\u00a0Il faut aimer ceux que l&rsquo;on photographie<\/em>.\u00a0\u00bb Avec JC et Enio, il a \u00e9t\u00e9 bien servi.<\/p>\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-medium wp-image-2200\" src=\"http:\/\/www.dallenogare.biz\/fr4\/wp-content\/uploads\/2022\/01\/CONFO7K2DNFUJBUV23WBO5SZ74-300x200.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"200\" srcset=\"http:\/\/www.dallenogare.biz\/fr4\/wp-content\/uploads\/2022\/01\/CONFO7K2DNFUJBUV23WBO5SZ74-300x200.jpg 300w, http:\/\/www.dallenogare.biz\/fr4\/wp-content\/uploads\/2022\/01\/CONFO7K2DNFUJBUV23WBO5SZ74-720x480.jpg 720w, http:\/\/www.dallenogare.biz\/fr4\/wp-content\/uploads\/2022\/01\/CONFO7K2DNFUJBUV23WBO5SZ74-560x373.jpg 560w, http:\/\/www.dallenogare.biz\/fr4\/wp-content\/uploads\/2022\/01\/CONFO7K2DNFUJBUV23WBO5SZ74.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/p>\n<p>\u00a9GUILLAUME JC<\/p>\n<h3><strong><u>\u00ab\u00a0La beaut\u00e9 de l\u2019\u00eatre humain, c\u2019est sa dignit\u00e9\u00a0\u00bb<\/u><\/strong><\/h3>\n<p><strong>Dans quelle famille avez-vous grandi ?<\/strong><\/p>\n<p>Dans une famille de gens de la terre. Mon p\u00e8re avait une ferme d\u2019\u00e9levage. L\u2019\u00e9poque \u00e9tait tr\u00e8s diff\u00e9rente d\u2019aujourd\u2019hui, le Br\u00e9sil n\u2019\u00e9tait pas encore dans une \u00e9conomie de march\u00e9. Notre ferme \u00e9tait tr\u00e8s isol\u00e9e. Nous n\u2019avions acc\u00e8s \u00e0 la ville la plus proche qu\u2019\u00e0 la saison s\u00e8che. Celle des pluies durait au moins cinq mois. Une trentaine de familles vivaient sur notre domaine, personne n\u2019\u00e9tait ni riche ni pauvre. Nous produisions tout ce dont nous avions besoin : les poules, les pommes de terre, les patates douces, les cannes \u00e0 sucre, le riz. Le r\u00e9gime \u00e9tait le m\u00eame pour tous et toutes. Nous \u00e9levions des porcs, des vaches. D\u2019autres fermes \u00e9taient sp\u00e9cialis\u00e9es dans l\u2019engraissage des b\u0153ufs. Lorsqu\u2019ils \u00e9taient \u00e0 maturit\u00e9, tout ce b\u00e9tail arrivait chez nous et nous partions \u00e0 l\u2019abattoir avec des troupeaux de 1500 \u00e0 2000 t\u00eates. Ce trajet durait longtemps, parfois 40 ou 50 jours. Il fallait faire la m\u00eame chose avec 600 ou 700 cochons qui avancent plus lentement encore ! Cette ferme, c\u2019\u00e9tait le paradis\u2026 Nous avions un petit terrain de foot. Il y avait des ruisseaux, nous nagions avec les ca\u00efmans qui, contrairement \u00e0 ce que l\u2019on croit, n\u2019attaquent pas l\u2019homme.<\/p>\n<p><strong>Pouvez-vous d\u00e9crire l\u2019environnement ?<\/strong><\/p>\n<p>Les paysages \u00e9taient tr\u00e8s vallonn\u00e9s. Vers le mois d\u2019octobre, \u00e0 la veille de l\u2019arriv\u00e9e de la saison des pluies, mon p\u00e8re m\u2019emmenait souvent dans un endroit d\u2019o\u00f9 la vue \u00e9tait somptueuse. Il y avait des nuages colossaux, congestionn\u00e9s. La pluie commen\u00e7ait \u00e0 tomber un peu, ce n\u2019\u00e9tait pas encore les gros orages. C\u2019est l\u00e0 que j\u2019ai d\u00e9couvert la lumi\u00e8re, les ciels charg\u00e9s.<\/p>\n<p><strong>Vous avez quitt\u00e9 cet endroit \u00e0 regret\u2026<\/strong><\/p>\n<p>En 1960, les routes sont arriv\u00e9es pour que les automobiles puissent circuler. On a commenc\u00e9 \u00e0 abattre les for\u00eats, \u00e0 exporter du bois. Les enfants sont partis en ville : vivre \u00e0 la campagne, c\u2019\u00e9tait comme \u00eatre arri\u00e9r\u00e9. Moi aussi, je suis all\u00e9 \u00e9tudier en ville. Le jour de mon d\u00e9part, mes sept s\u0153urs, ma m\u00e8re et ma grand-m\u00e8re pleuraient. Moi, non, mais j\u2019avais quand m\u00eame un n\u0153ud \u00e0 la gorge. Mon p\u00e8re m\u2019a conduit \u00e0 la gare, je n\u2019\u00e9tais qu\u2019un gamin de 15 ans. Le trajet durait six heures. Mon p\u00e8re m\u2019a laiss\u00e9 choisir seul mes \u00e9tudes. Je ne savais pas ce qui m\u2019attendait. Je sentais que je laissais derri\u00e8re moi tout un pan de ma vie, un monde que je n\u2019ai jamais retrouv\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Vos \u00e9tudes ?<\/strong><\/p>\n<p>Je suis entr\u00e9 dans une \u00e9cole dirig\u00e9e par des pr\u00eatres sal\u00e9siens. Ils \u00e9taient tr\u00e8s durs, tr\u00e8s s\u00e9v\u00e8res. Il fallait beaucoup \u00e9tudier. Mais j\u2019\u00e9tais fascin\u00e9. Un autre monde s\u2019ouvrait \u00e0 moi. J\u2019ai d\u00e9couvert la mer, je ne l\u2019avais jamais vue. Le samedi apr\u00e8s-midi et le dimanche, j\u2019allais au port regarder les bateaux. Je voyais flotter les drapeaux du Japon, des \u00c9tats-Unis, de la France, de la Norv\u00e8ge. J\u2019avais envie de partir ! C\u2019\u00e9tait une fantastique ouverture d\u2019esprit pour moi.<\/p>\n<p><strong>C\u2019est dans cette ville, Vitoria, que vous avez rencontr\u00e9 votre femme.<\/strong><\/p>\n<p>J\u2019ai rencontr\u00e9 L\u00e9lia trois ans apr\u00e8s mon arriv\u00e9e. Elle avait 16 ans, j\u2019en avais 19. Cela va faire 60 ans que nous nous sommes rencontr\u00e9s. Une autre musique est entr\u00e9e dans ma vie. Elle \u00e9tait pianiste, faisait le conservatoire. Elle m\u2019a initi\u00e9 \u00e0 la musique classique, moi qui ne connaissais que la musique populaire. Une p\u00e9riode incroyable : nous allions au cours la journ\u00e9e, \u00e0 la plage le soir et la nuit, on dansait la bossa-nova. Le Br\u00e9sil devenait autre, les villes grandissaient.<\/p>\n<p><strong>Puis la dictature est arriv\u00e9e\u2026<\/strong><\/p>\n<p>M\u00eame avant, j\u2019\u00e9tais d\u00e9j\u00e0 militant de gauche. J\u2019avais d\u00e9couvert les grandes in\u00e9galit\u00e9s dans ce pays. L\u00e9lia et moi, nous nous sommes investis dans un mouvement radical de la jeunesse catholique, proche d\u2019un groupe arm\u00e9 de paysans. Le coup d\u2019\u00c9tat a eu lieu en 1964, j\u2019\u00e9tais en premi\u00e8re ann\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00c9cole d\u2019\u00e9conomie. La dictature s\u2019est peu \u00e0 peu radicalis\u00e9e et le 13 d\u00e9cembre 1968, il y a eu l\u2019Acte Institutionnel num\u00e9ro 5 : tous les pouvoirs institutionnels sont pass\u00e9s \u00e0 l\u2019arm\u00e9e. La r\u00e9pression s\u2019est accentu\u00e9e pas seulement au Br\u00e9sil mais dans toute l\u2019Am\u00e9rique latine. J\u2019avais termin\u00e9 mon \u00e9cole d\u2019\u00e9conomie et j\u2019avais \u00e9t\u00e9 admis \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de S\u00e3o Paulo pour faire un master compl\u00e9mentaire. Ensuite, j\u2019ai obtenu un poste d\u2019attach\u00e9 au minist\u00e8re de l\u2019\u00c9conomie et des Finances de l\u2019\u00c9tat de S\u00e3o Paulo. En r\u00e9alit\u00e9, j\u2019avais deux m\u00e9tiers : j\u2019organisais aussi la production agricole de la r\u00e9gion. La moiti\u00e9 de ce que je gagnais allait \u00e0 la lutte contre la dictature. Nous savions que nous \u00e9tions sur une liste noire. Le mouvement a estim\u00e9 que les plus jeunes devaient quitter le Br\u00e9sil et revenir le jour o\u00f9 cela irait mieux. Nous sommes partis le 10 ao\u00fbt 1969 pour la France. Et nous avons attendu onze ans avant de pouvoir revenir au Br\u00e9sil.<\/p>\n<p><strong>Pourquoi avoir choisi la France ?<\/strong><\/p>\n<p>Pays de la libert\u00e9 ! J\u2019ai fini ma formation et j\u2019ai pr\u00e9par\u00e9 mon doctorat en \u00e9conomie \u00e0 Paris. L\u00e9lia s\u2019est inscrite en architecture aux Beaux-Arts. Ensuite, je suis parti travailler \u00e0 la Banque mondiale, \u00e0 Londres. J\u2019ai effectu\u00e9 plusieurs voyages en Afrique, notamment au Rwanda pour \u00e9laborer des projets de d\u00e9veloppement. Je faisais beaucoup de photos pendant mes voyages. Et au retour, je me suis rendu compte que je prenais plus de plaisir \u00e0 photographier qu\u2019\u00e0 r\u00e9diger des rapports. Nous avons quitt\u00e9 Londres, sommes rentr\u00e9s \u00e0 Paris et j\u2019ai consacr\u00e9 toutes mes \u00e9conomies \u00e0 acheter du mat\u00e9riel photo.<\/p>\n<h3><strong><u>\u00ab\u00a0Plus que jamais, je sens que la race humaine est \u00ab\u00a0une\u00a0\u00bb. Nous sommes tous des Homo sapiens. C\u2019est cela le sens de la photo\u00a0\u00bb<\/u><\/strong><\/h3>\n<p><strong>Un de vos premiers reportages, au Sahel, a eu un impact immense, mondial\u2026<\/strong><\/p>\n<p>Oui, et je le dois en partie aux C-130 belges ! Une amie, Ariane de Chaponnay, dirigeait le Comit\u00e9 catholique contre la faim et pour le d\u00e9veloppement. Elle avait de bons contacts avec le commandement militaire belge. Gr\u00e2ce \u00e0 mes relations \u00e0 la Banque mondiale et aux Nations unies, j\u2019avais \u00e9t\u00e9 inform\u00e9 de l\u2019ampleur de la famine au Sahel. Les C-130 belges, bas\u00e9s \u00e0 Niamey, allaient chercher l\u2019aide alimentaire \u00e0 Lagos pour la distribuer ensuite dans le d\u00e9sert du Sahel. Le commandement belge nous a emmen\u00e9s partout : ils nous d\u00e9posaient dans un point et nous reprenaient une semaine plus tard. Sans eux, je n\u2019aurais pas pu faire ce reportage au Niger.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.dallenogare.biz\/fr4\/wp-content\/uploads\/2022\/01\/M5AIK2FLJNFZ5P7LWLPQXTLRVU.jpg\"><img decoding=\"async\" class=\"alignleft size-medium wp-image-2243\" src=\"http:\/\/www.dallenogare.biz\/fr4\/wp-content\/uploads\/2022\/01\/M5AIK2FLJNFZ5P7LWLPQXTLRVU-300x200.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"200\" srcset=\"http:\/\/www.dallenogare.biz\/fr4\/wp-content\/uploads\/2022\/01\/M5AIK2FLJNFZ5P7LWLPQXTLRVU-300x200.jpg 300w, http:\/\/www.dallenogare.biz\/fr4\/wp-content\/uploads\/2022\/01\/M5AIK2FLJNFZ5P7LWLPQXTLRVU-720x480.jpg 720w, http:\/\/www.dallenogare.biz\/fr4\/wp-content\/uploads\/2022\/01\/M5AIK2FLJNFZ5P7LWLPQXTLRVU-560x373.jpg 560w, http:\/\/www.dallenogare.biz\/fr4\/wp-content\/uploads\/2022\/01\/M5AIK2FLJNFZ5P7LWLPQXTLRVU.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u00a9DR<\/p>\n<p><strong>Vos photos ont \u00e9t\u00e9 affich\u00e9es dans toutes les \u00e9glises\u2026<\/strong><\/p>\n<p>Le Comit\u00e9 catholique contre la faim et pour le d\u00e9veloppement m&rsquo;a achet\u00e9 une photo pour illustrer la campagne \u00ab\u00a0<em>La terre est \u00e0 tous\u00a0\u00bb<\/em>. Je me souviens tr\u00e8s bien de l&rsquo;instant o\u00f9 j&rsquo;ai pris cette photo. Il faisait tr\u00e8s chaud. J&rsquo;ai vu arriver une dame qui portait un pot contenant de l&rsquo;eau. Elle \u00e9tait en contre-jour, pr\u00e8s d&rsquo;un arbre. Le Comit\u00e9 m&rsquo;a achet\u00e9 cette photo tr\u00e8s cher. \u00c0 l&rsquo;\u00e9poque, j&rsquo;aurais pu m&rsquo;offrir un appartement avec cette somme. Mais avec cet argent, je me suis \u00e9quip\u00e9 compl\u00e8tement avec les meilleurs appareils Leica qui co\u00fbtaient tr\u00e8s cher. On a mont\u00e9 un laboratoire d&rsquo;enfer, avec un \u00e9norme agrandisseur. \u00c0 partir de l\u00e0, j&rsquo;ai pu publier dans un grand nombre de magazines. J&rsquo;ai ensuite travaill\u00e9 pour plusieurs agences : Sygma, Gamma, Magnum. En 1976, je suis retourn\u00e9 en Am\u00e9rique latine, d&rsquo;abord dans les pays p\u00e9riph\u00e9riques au Br\u00e9sil, jusqu&rsquo;au jour o\u00f9 enfin, j&rsquo;ai pu enfin rentrer au Br\u00e9sil. J&rsquo;ai pass\u00e9 six mois dans le Nord-Est, parmi les paysans les plus pauvres, les plus traditionnels. Cette p\u00e9riode m&rsquo;a beaucoup marqu\u00e9. C&rsquo;est avec ces reportages que j&rsquo;ai r\u00e9alis\u00e9 mon premier livre :\u00a0<em>Autres Am\u00e9riques<\/em>.<\/p>\n<p><strong>Vous \u00eates souvent pass\u00e9 d\u2019un continent \u00e0 l\u2019autre, de l\u2019Am\u00e9rique \u00e0 l\u2019Afrique\u2026<\/strong><\/p>\n<p>Avant la guerre du Rwanda, j\u2019avais beaucoup travaill\u00e9 en Afrique. Quand je suis arriv\u00e9 ici en France, j\u2019avais quitt\u00e9 le Br\u00e9sil qui \u00e9tait un pays encore un peu sous-d\u00e9velopp\u00e9. Quand j\u2019ai photographi\u00e9 l\u2019Afrique ou l\u2019Am\u00e9rique latine, c\u2019est en r\u00e9alit\u00e9 mon monde que je photographiais. L\u2019Afrique, finalement, n\u2019est pas tr\u00e8s diff\u00e9rente du Br\u00e9sil.<\/p>\n<p><strong>Quand on voit certains de vos reportages, on a le sentiment que, parfois, l\u2019enfer s\u2019installe sur la terre\u2026<\/strong><\/p>\n<p>Ce n&rsquo;est pas ce que j&rsquo;ai voulu montrer dans mes reportages. Avec mes photos, je veux simplement montrer que nous appartenons tous \u00e0 la m\u00eame esp\u00e8ce, que nous sommes tous et toutes des \u00eatres humains. Plus que jamais, je sens que la race humaine est \u00ab\u00a0une\u00a0\u00bb. Tous les \u00eatres humains ont les m\u00eames droits, quel que soit l&rsquo;endroit o\u00f9 ils vivent sur terre. Nous sommes tous des\u00a0<em>Homo sapiens<\/em>. C&rsquo;est cela le sens de la photo, je n&rsquo;ai pas fait des photos de gens qui meurent pour donner mauvaise conscience mais simplement montrer que ces hommes et ces femmes avaient, m\u00eame dans leur souffrance, le m\u00eame niveau de dignit\u00e9 que les gens d&rsquo;ici. Ceux qui vivent ici ne sont en rien meilleurs que ceux qui sont l\u00e0-bas. Ils sont les m\u00eames.<\/p>\n<p><strong>Pour vous qualifier, on dit souvent que vous \u00eates le photographe de la dignit\u00e9\u2026<\/strong><\/p>\n<p>Non, je ne suis pas le photographe de la dignit\u00e9. Mais la beaut\u00e9 de l\u2019\u00eatre humain, c\u2019est sa dignit\u00e9. Les diff\u00e9rences de peau, de largeur de la l\u00e8vre, du nez ne signifient rien. La dignit\u00e9, c\u2019est le pouvoir des gens. Je l\u2019ai trouv\u00e9e partout. On dit que j\u2019ai photographi\u00e9 la mis\u00e8re. Non ! La mis\u00e8re, ce n\u2019est pas le manque de biens \u00e9conomiques. La mis\u00e8re, c\u2019est ne pas faire partie d\u2019un groupe solidaire, c\u2019est vivre isol\u00e9. C\u2019est cela la mis\u00e8re totale. Ici, dans notre b\u00e2timent \u00e0 Paris, vivait une vieille dame sympathique. Il y a quelques mois, du jour au lendemain, on ne l\u2019a plus vue. Apr\u00e8s plusieurs jours, les voisins se sont inqui\u00e9t\u00e9s parce qu\u2019une forte odeur se d\u00e9gageait sous sa porte. Les pompiers sont venus : elle \u00e9tait morte depuis quinze jours\u2026 Elle est morte seule. Seule ! Tandis que les gens que j\u2019ai photographi\u00e9s au bord des routes qui mouraient de faim, de maladie, de malaria, des bombes, ils \u00e9taient dans un groupe solidaire, en communaut\u00e9. Ils n\u2019\u00e9taient pas dans la mis\u00e8re. La richesse ce n\u2019est pas le bien mat\u00e9riel, c\u2019est le bien solidaire et communautaire. Voil\u00e0 le sens de mon travail.<\/p>\n<h3><strong><u>\u00ab\u00a0Oui, il m\u2019est arriv\u00e9 de poser mes appareils. Et de pleurer\u00a0\u00bb<\/u><\/strong><\/h3>\n<p><strong>Certains reportages vous ont marqu\u00e9. Physiquement, moralement\u2026<\/strong><\/p>\n<p>Oui, face \u00e0 ce que je voyais, il m&rsquo;est arriv\u00e9 de poser mes appareils. Et de pleurer. Mais je n&rsquo;\u00e9tais \u00e9videmment pas le seul \u00e0 \u00eatre touch\u00e9 par ce que je voyais. Il y a des situations tellement difficiles\u2026 parfois, il faut arr\u00eater. J&rsquo;ai vu des choses tellement terribles que tout, \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de moi, commen\u00e7ait \u00e0 mourir aussi. Mon corps a \u00e9t\u00e9 attaqu\u00e9 par mes propres staphylocoques. Ma t\u00eate me tuait. J&rsquo;ai d\u00fb me poser. J&rsquo;avais du sang qui sortait de partout. Je pensais avoir un cancer de la prostate. Mon m\u00e9decin m&rsquo;a dit : \u00ab\u00a0<em>Tout va bien, c&rsquo;est toi qui es en train de mourir. Tu as vu tellement la mort, tu as v\u00e9cu tellement dans la mort que si tu continues, tu vas mourir aussi.<\/em>\u00a0\u00bb J&rsquo;ai donc fait une pause. Parce que j&rsquo;avais vu beaucoup de choses tr\u00e8s dures. Pas seulement en Afrique. En Europe aussi, notamment lors de la guerre en ex-Yougoslavie, un pays d\u00e9velopp\u00e9 dans lequel les gens se sont entretu\u00e9s dans la violence la plus barbare.<\/p>\n<p><strong>Est-ce pour cela qu\u2019apr\u00e8s ces reportages difficiles, vous avez voulu montrer la beaut\u00e9 du monde dans le projet\u00a0<em>Genesis ?<\/em><\/strong><\/p>\n<p>Rien de ce que l&rsquo;on fait ne fait partie d&rsquo;une volont\u00e9 d\u00e9finie. Je n&rsquo;ai pas voulu, rationnellement, montrer la beaut\u00e9 du monde. Naturellement, certaines choses vous conduisent vers d&rsquo;autres choses. L&rsquo;\u00e9volution s&rsquo;est faite naturellement. Mes parents devenaient vieux. La terre sur laquelle j&rsquo;avais grandi \u00e9tait devenue aussi malade que moi. Le paradis o\u00f9 j&rsquo;avais v\u00e9cu \u00e9tait d\u00e9truit par la surexploitation foresti\u00e8re. Ma femme, L\u00e9lia, a pris la d\u00e9cision de replanter la for\u00eat atlantique de notre domaine, le long du littoral du Br\u00e9sil, de mani\u00e8re \u00e0 recr\u00e9er un \u00e9cosyst\u00e8me durable. Au fil des ans, nous avons replant\u00e9 deux millions cinq cent mille arbres. Et notre projet est d&rsquo;en planter un million de plus de mani\u00e8re \u00e0 recr\u00e9er des sources d&rsquo;eau. Naturellement, le retour de la for\u00eat a permis \u00e0 la biodiversit\u00e9 de s&rsquo;y \u00e9panouir de nouveau. Des esp\u00e8ces menac\u00e9es d&rsquo;oiseaux, de mammif\u00e8res, de reptiles sont revenues. La vie est r\u00e9apparue. L\u00e0-bas. Et en moi. Nous n&rsquo;\u00e9tions pas \u00e9cologistes, nous voulions juste replanter des arbres. Mais nous sommes devenus \u00e9cologistes, proches de la nature. Et quand la vie est revenue dans mon corps, j&rsquo;ai voulu aller voir la nature, ailleurs sur la plan\u00e8te. C&rsquo;est comme cela qu&rsquo;est n\u00e9 le projet\u00a0<em>Genesis<\/em>, qui est le fruit de l&rsquo;\u00e9volution de notre vie, de notre corps, de notre pens\u00e9e.<\/p>\n<p><strong>Il est donc possible de r\u00e9parer la plan\u00e8te\u2026<\/strong><\/p>\n<p>Je ne sais pas s\u2019il est trop tard ou pas. Mais je pense qu\u2019on peut la r\u00e9parer. En Belgique aussi, il faudrait r\u00e9parer les for\u00eats. Elles sont tr\u00e8s belles chez vous mais il me semble qu\u2019il y a beaucoup de monoculture. Il faudrait prendre les semences natives de vrais arbres belges et reconstituer l\u2019\u00e9cosyst\u00e8me qui \u00e9tait l\u00e0, avant.<\/p>\n<p><strong>Certains projets sont en cours, notamment Nassonia, un projet de 1 645 hectares. \u00c0 l\u2019\u00e9chelle belge, c\u2019est un bon d\u00e9but\u2026<\/strong><\/p>\n<p>Fantastique, alors ! Il faut faire cela partout. Le grand probl\u00e8me est que l\u2019homme a quitt\u00e9 la nature. La r\u00e9parer n\u2019est pas simple. \u00c0 Glasgow \u00e0 la Cop 26, tous ceux qui \u00e9taient l\u00e0 \u00e9taient des urbains. Mais pour r\u00e9parer la plan\u00e8te, pour parler de son avenir, il faut faire venir des paysans, des gens qui connaissent la terre. Si on doit planter des arbres, et il faut le faire \u00e0 tr\u00e8s grande \u00e9chelle, c\u2019est chez eux qu\u2019on les plantera, pas dans les villes, ou alors de mani\u00e8re limit\u00e9e. Pour nous faire vivre de mani\u00e8re colossale, on a trop demand\u00e9 \u00e0 la plan\u00e8te. On a laiss\u00e9 derri\u00e8re nous un d\u00e9sert. Les pays riches maquillent la r\u00e9alit\u00e9. Il faut reconstituer \u00e9cologiquement nos pays.<\/p>\n<h3><strong><u>\u00ab\u00a0Il faut aimer ceux que l\u2019on photographie\u00a0\u00bb<\/u><\/strong><\/h3>\n<p><strong>Quel est le r\u00f4le, le sens de la photographie ? Sert-elle uniquement \u00e0 d\u00e9crire la r\u00e9alit\u00e9. Est-elle l\u2019\u00e9criture des yeux ?<\/strong><\/p>\n<p>Je ne suis pas un photojournaliste ni un militant. La photo, c\u2019est beaucoup plus que cela. La photo c\u2019est ma vie, ma forme de pens\u00e9e, c\u2019est un langage d\u2019un pouvoir immense. La photo et la musique n\u2019ont pas besoin de traduction, leur langage est universel. La photo c\u2019est la m\u00e9moire d\u2019une soci\u00e9t\u00e9. C\u2019est cela la fonction r\u00e9elle d\u2019une photographie. Quand vous \u00e9tiez un gamin, un b\u00e9b\u00e9, vos parents ont d\u00fb faire des photos d\u00e9velopp\u00e9es chez un photographe, coll\u00e9s dans un album. Ces photos sont votre vie, votre histoire. Vous pouvez les contempler quand vous voulez. La photo a un pouvoir de m\u00e9moire.<\/p>\n<p><strong>Est-elle objective ?<\/strong><\/p>\n<p>Non, elle est profond\u00e9ment subjective. La photo n\u2019a aucune objectivit\u00e9. Elle d\u00e9pend de la personne qui la prend, du moment, des conditions \u00e9motionnelles id\u00e9ologiques de la personne qui photographie.<\/p>\n<p><strong>Il faut de la patience et du plaisir pour faire de la photo\u2026<\/strong><\/p>\n<p>Oui. Et surtout de l\u2019amour. Vraiment. Il faut aimer ceux que l\u2019on photographie. Je viens de terminer un projet de sept ans en Amazonie qui fait le tour du monde et qui sera pr\u00e9sent\u00e9 en 2023 \u00e0 Bruxelles. Si je n\u2019aimais pas profond\u00e9ment l\u2019Amazonie, je n\u2019aurais pas pu tenir sept ans dans les conditions dans lesquelles nous avons travaill\u00e9. Il faut r\u00e9aliser des photos de choses pour lesquelles on a une \u00e9norme passion, sinon cela n\u2019est pas possible.<\/p>\n<p><strong>Dans vos t\u00e9moignages, vous \u00e9voquez souvent votre fils Rodrigo, n\u00e9 trisomique. Qu\u2019est-ce qu\u2019il a chang\u00e9 dans votre vie\u2026 ?<\/strong><\/p>\n<p>Rodrigo a tout chang\u00e9 dans notre vie. Il nous a plong\u00e9s dans un autre univers, une autre dimension de vie. Avant, nous vivions parmi des gens dits\u00a0<em>\u00ab\u00a0normaux<\/em>\u00ab\u00a0. Rodrigo nous a permis de voir qu&rsquo;une grande partie de notre soci\u00e9t\u00e9 est constitu\u00e9e de gens dits \u00ab\u00a0<em>anormaux<\/em>\u00ab\u00a0, mais des gens qui ont une autre mani\u00e8re de raisonner, de se comporter. Il nous a emmen\u00e9s dans un monde d&rsquo;une \u00e9norme solidarit\u00e9. Rodrigo a toujours v\u00e9cu avec nous. La journ\u00e9e il va dans un centre. Ces lieux dans lesquels ces enfants sont accueillis sont hors du commun. J&rsquo;invite tous les gens \u00e0 aller dans ces centres pour d\u00e9couvrir les \u00eatres peut-\u00eatre les plus incroyables, ceux qui donnent leur temps, leur amour, leur tendresse \u00e0 ces enfants. Rodrigo nous a permis d&rsquo;avoir une autre compr\u00e9hension de la vie. Depuis la naissance de Rodrigo, je ne regarde plus les gens de la m\u00eame mani\u00e8re.<\/p>\n<p><strong>Comment vous ressourcez-vous ?<\/strong><\/p>\n<p>Il faut toujours avoir son avenir devant soi. Avoir des projets : le mien est de d\u00e9fendre l\u2019\u00e9cosyst\u00e8me amazonien avec les communaut\u00e9s indig\u00e8nes.<\/p>\n<p><strong>Pensez-vous \u00e0 la mort, parfois ?<\/strong><\/p>\n<p>Oui, bien s\u00fbr. Je l\u2019ai fr\u00f4l\u00e9 \u00e0 plusieurs reprises. Une fois, j\u2019ai eu un accident d\u2019avion. Il n\u2019y avait plus d\u2019essence. L\u2019avion a piqu\u00e9, j\u2019\u00e9tais s\u00fbr que j\u2019allais mourir. Mais j\u2019ai surv\u00e9cu. Je vais donc mourir pour la premi\u00e8re fois\u2026<\/p>\n<p><strong>Qu\u2019est-ce qu\u2019il y a apr\u00e8s la mort ?<\/strong><\/p>\n<p>La m\u00e9moire.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3><strong><u>Bio express<\/u><\/strong><\/h3>\n<p><strong>1944<\/strong>\u00a0Naissance le 8 f\u00e9vrier \u00e0 Aimor\u00e9s (Br\u00e9sil).<\/p>\n<p><strong>1969\u00a0<\/strong>Il quitte le Br\u00e9sil et s&rsquo;installe \u00e0 Paris. \u00c9conomiste, il choisit d&rsquo;entamer une carri\u00e8re de photographe. Il travaille pour les agences Sygma, Gamma, Magnum. Ses reportages en noir et blanc sont publi\u00e9s dans les plus grands magazines.<\/p>\n<p><strong>Nombreuses expositions.<\/strong>\u00a0Amaz\u00f4nia sera pr\u00e9sent\u00e9e en 2023 \u00e0 Bruxelles.<\/p>\n<figure id=\"attachment_2203\" aria-describedby=\"caption-attachment-2203\" style=\"width: 300px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/www.dallenogare.biz\/fr4\/wp-content\/uploads\/2022\/01\/chaman-yanomami-en-rituel-avant-la-montee-vers-le-pico-da-neblina-etat-damazonas-bresil-2014-sebastiao-salgado.jpg\"><img decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-2203\" src=\"http:\/\/www.dallenogare.biz\/fr4\/wp-content\/uploads\/2022\/01\/chaman-yanomami-en-rituel-avant-la-montee-vers-le-pico-da-neblina-etat-damazonas-bresil-2014-sebastiao-salgado-300x219.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"219\" srcset=\"http:\/\/www.dallenogare.biz\/fr4\/wp-content\/uploads\/2022\/01\/chaman-yanomami-en-rituel-avant-la-montee-vers-le-pico-da-neblina-etat-damazonas-bresil-2014-sebastiao-salgado-300x219.jpg 300w, http:\/\/www.dallenogare.biz\/fr4\/wp-content\/uploads\/2022\/01\/chaman-yanomami-en-rituel-avant-la-montee-vers-le-pico-da-neblina-etat-damazonas-bresil-2014-sebastiao-salgado-1024x749.jpg 1024w, http:\/\/www.dallenogare.biz\/fr4\/wp-content\/uploads\/2022\/01\/chaman-yanomami-en-rituel-avant-la-montee-vers-le-pico-da-neblina-etat-damazonas-bresil-2014-sebastiao-salgado-768x562.jpg 768w, http:\/\/www.dallenogare.biz\/fr4\/wp-content\/uploads\/2022\/01\/chaman-yanomami-en-rituel-avant-la-montee-vers-le-pico-da-neblina-etat-damazonas-bresil-2014-sebastiao-salgado-720x527.jpg 720w, http:\/\/www.dallenogare.biz\/fr4\/wp-content\/uploads\/2022\/01\/chaman-yanomami-en-rituel-avant-la-montee-vers-le-pico-da-neblina-etat-damazonas-bresil-2014-sebastiao-salgado-560x410.jpg 560w, http:\/\/www.dallenogare.biz\/fr4\/wp-content\/uploads\/2022\/01\/chaman-yanomami-en-rituel-avant-la-montee-vers-le-pico-da-neblina-etat-damazonas-bresil-2014-sebastiao-salgado.jpg 1400w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-2203\" class=\"wp-caption-text\">Chaman Yanomani en rituel avant la mont\u00e9e vers le Pico da Neblina. Br\u00e9sil 2014. \u00a9 Salgado<\/figcaption><\/figure>\n<hr \/>\n<p><strong><a href=\"http:\/\/www.dallenogare.biz\/fr4\/wp-content\/uploads\/2022\/01\/20220109-Sebastiao-Salgado-entretien-lalibre.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Afficher et t\u00e9l\u00e9charger le pdf de la note<\/a><\/strong><br \/>\n<a href=\"http:\/\/www.dallenogare.biz\/fr4\/wp-content\/uploads\/2022\/01\/20220109-Sebastiao-Salgado-entretien-lalibre-police14.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Version en police de caract\u00e8re plus grande<\/a><br \/>\n<a href=\"http:\/\/www.dallenogare.biz\/fr4\/wp-content\/uploads\/2022\/01\/20220109-Sebastiao-Salgado-entretien-lalibre.docx\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Version Word .docx<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Sebasti\u00e3o Salgado: \u00ab\u00a0La beaut\u00e9 de l\u2019\u00eatre humain, c\u2019est sa dignit\u00e9\u00a0\u00bb Francis Van de Woestyne Editorialiste en chef Publi\u00e9 le\u00a009-01-2022 \u00e0 &hellip; <a class=\"more-link\" href=\"http:\/\/www.dallenogare.biz\/fr4\/photographie-une-interview-de-sebastiao-salgado-dans-le-journal-la-libre-belgique\/\">Plus<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":2205,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[34,32,19,28,5],"tags":[],"class_list":["post-2197","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-argumenter","category-arts-plastiques","category-uaa0","category-uaa3","category-uaa6",""],"jetpack_featured_media_url":"http:\/\/www.dallenogare.biz\/fr4\/wp-content\/uploads\/2022\/01\/chaman-yanomami-en-rituel-avant-la-montee-vers-le-pico-da-neblina-etat-damazonas-bresil-2014-sebastiao-salgado-1.jpg","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/www.dallenogare.biz\/fr4\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2197","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/www.dallenogare.biz\/fr4\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/www.dallenogare.biz\/fr4\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.dallenogare.biz\/fr4\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.dallenogare.biz\/fr4\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2197"}],"version-history":[{"count":6,"href":"http:\/\/www.dallenogare.biz\/fr4\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2197\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2245,"href":"http:\/\/www.dallenogare.biz\/fr4\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2197\/revisions\/2245"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.dallenogare.biz\/fr4\/wp-json\/wp\/v2\/media\/2205"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/www.dallenogare.biz\/fr4\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2197"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.dallenogare.biz\/fr4\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2197"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.dallenogare.biz\/fr4\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2197"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}