Questions à travailler :
- Le titre de la pièce… que pourrait-il annoncer comme sujet(s) de la pièce ? Avec une question à garder en tête durant notre découverte de la pièce : aime-t-on par hasard ?
- Première scène de la pièce : a) De quoi les deux femmes parlent-elles (quel est le sujet de leur échange) ? b) Que disent-elles à ce sujet ? résume les deux opinions (thèses) en présence et les raisons qui les poussent à défendre leur thèse.
- Un point d’attention au long de la lecture / du visionnement de la pièce : comment se « nouent », bien ou mal, les relations amoureuses et est-ce dû au hasard ?
Pistes de réponses, d’analyses, de réflexions
1) Analyse du titre
Étymologie et sens possibles du mot « jeu » : version pdf – version texte (.docx)
Une hypothèse intéressante d’un élève : des personnages qui se retrouve à jouer à un jeu de table intitulé « Le Jeu de l’Amour et du hasard ». Une des règles du jeu pourrait être que des couples tirés au sort doivent vivre pendant un temps doinné une relation d’amour… Mais sera-ce un leu plaisant ? En tout cas, c’est une excellente idée de scénario de film, de roman, de pièce de théâtre de jeu de console…
2) Analyse de l’exposition (scènes 1 à 3)
Le pdf de ces scènes – Version avec police de caractère et interlignes plus grands – Version texte (.docx)
- Au théâtre, l’exposition est, à l’ouverture du rideau, le premier moment de la pièce destiné à faire part au public de tout ce qu’il a besoin de connaître pour comprendre l’action et en suivre la marche.
- La pièce s’ouvre sur une discussion animée entre Silvia et Lisette dont le sujet est la question suivante : le mariage est-il une perspective réjouissante ?
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- Pour Lisette, c’est assurément le cas si le mari est bien fait (beau), aimable, de bonne mine, plein d’esprit, et d’un bon caractère.
- Silvia est « inquiète » devant la perspective du mariage parce qu’elle ne demande qu’un bon caractère à son futur mari et que l’homme montre souvent en société un autre visage que celui qu’il montre dans sa vie privée où ils révèlent en réalité « visage sombre, brutal, farouche » (c’est le cas de Tersandre), ou une « âme glacée, solitaire, inaccessible » (c’est le cas de Léandre) ou encore un tempérament colérique et vindicatif (comme c’est le cas d’Ergaste).
- Et, comme les mariages, dans son milieu social sont « arrangés », elle craint que le choix de son mari par son père se base sur des « on-dits » flatteurs qui ne correspondent pas à la réalité du caractère de son futur mari.
- Au sujet de la distinction entre façade sociale et vraie personnalité, pensons à la distinction japonaise entre d’une part le hon’nè qui est, le « vrai son », ce qui fait que quelqu’un est lui-même, sa vibration propre, et d’autre part le tatemae, sa « façade » sociale. Cfr cette page de wikipédia, ou cette page d’une agence de voyage spécialisée dans les voyages au Japon, ou cette page d’un webzine consacré au Japon et à sa culture (pour écouter la prononciation des mots : ici et ici)… Le mariage, aux yeux de l’inquiète Silvia, est un risque car peuvent s’y heurter pathétiquement deux hon’né incompatibles.
- Silvia accuse Lisette d’insinuer que sa maîtresse est une « originale » – c’est-à-dire, si l’on pense en japonais, une femme qui fait primer l’expression de son hon’nè au lieu de se confromer à la façade sociale, au tatemae que la société attend. On voit donc que la société du 18ème siècle est davantage une société du paraître conformiste et non de l’être libéré des conventions sociales.
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