Premier récit (Genèse, ch. 1)
Le texte
26 Dieu dit: « Faisons l’homme à notre image, à notre ressemblance, et qu’il domine sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, sur le bétail; enfin sur toute la terre, et sur tous les êtres qui s’y meuvent. » 27 Dieu créa l’homme à son image; c’est à l’image de Dieu qu’il le créa. Mâle et femelle furent créés à la fois. 28 Dieu les bénit en leur disant « Croissez et multipliez! Remplissez la terre et soumettez-la! Commandez aux poissons de la mer, aux oiseaux du ciel, à tous les animaux qui se meuvent sur la terre! » 29 Dieu ajouta: « Or, je vous accorde tout herbage portant graine, sur toute la face de la terre, et tout arbre portant des fruits qui deviendront arbres par le développement du germe. Ils serviront à votre nourriture.
Le commentaire de Rachi du verset 27
Rachi est un rabbin du 11ème siècle qui a commenté toute la Torah (les cinq premiers livres de la Bible). Il a vécu à Troyes, en France.
Eloqim créa l’homme à son image Selon le modèle fait pour lui. Car tout a été créé par la parole de Dieu, tandis que l’homme a été créé, si l’on peut dire, par Ses mains, ainsi qu’il est écrit : « Tu as posé ta main sur moi » (Tehilim 139, 5). Il a été fait au moyen d’un sceau, comme une monnaie qui est frappée d’une marque, appelée en français : « coin ». C’est ainsi qu’il est écrit : « Elle se transforme comme l’argile sous le sceau » (Iyov 38, 14).
C’est à l’image de Eloqim qu’Il le créa C’est pour t’expliquer que l’image destinée à la création de l’homme reproduit le modèle de son Créateur.
Mâle et femelle Il les créa Alors qu’il est écrit plus loin : « Il prit un de ses côtés… » (infra 2, 21). Voici ce qu’enseigne le midrach (Beréchith raba 8, 1, ‘Erouvin 18a) : Il a commencé par le créer avec deux visages, puis Il l’a divisé en deux. Quant au sens littéral, il nous apprend qu’ils ont été créés tous les deux le sixième jour, sans préciser la manière dont ils ont été créés, sur laquelle on reviendra plus loin.
Deuxième récit (Genèse, ch. 2)
Le texte :
1 Ainsi furent terminés les cieux et la terre, avec tout ce qu’ils renferment. 2 Dieu mit fin, le septième jour, à l’œuvre faite par lui; et il se reposa, le septième jour, de toute l’œuvre qu’il avait faite. 3 Dieu bénit le septième jour et le proclama saint, parce qu’en ce jour il se reposa de l’œuvre entière qu’il avait produite et organisée. 4 Telles sont les origines du ciel et de la terre, lorsqu’ils furent créés; à l’époque où l’Éternel-Dieu fit une terre et un ciel. 5 Or, aucun produit des champs ne paraissait encore sur la terre, et aucune herbe des champs ne poussait encore; car l’Éternel-Dieu n’avait pas fait pleuvoir sur la terre, et d’homme, il n’y en avait point pour cultiver la terre. 6 Mais une exhalaison s’élevait de la terre et humectait toute la surface du sol. 7 L’Éternel-Dieu façonna l’homme, – poussière détachée du sol, – fit pénétrer dans ses narines un souffle de vie, et l’homme devint un être vivant. 8 L’Éternel-Dieu planta un jardin en Éden, vers l’orient, et y plaça l’homme qu’il avait façonné. 9 L’Éternel-Dieu fit surgir du sol toute espèce d’arbres, beaux à voir et propres à la nourriture; et l’arbre de vie au milieu du jardin, avec l’arbre de la science du bien et du mal. 10 Un fleuve sortait d’Éden pour arroser le jardin; de là il se divisait et formait quatre bras. 11 Le nom du premier: Pichon; c’est celui qui coule tout autour du pays de Havila, où se trouve l’or. 12 L’or de ce pays-là est bon; là aussi le bdellium et la pierre de chôham. 13 Le nom du deuxième fleuve: Ghihôn; c’est lui qui coule tout autour du pays de Kouch. 14 Le nom du troisième fleuve: Hiddékel; c’est celui qui coule à l’orient d’Assur; et le quatrième fleuve était l’Euphrate. 15 L’Éternel-Dieu prit donc l’homme et l’établit dans le jardin d’Eden pour le cultiver et le soigner. 16 L’Éternel-Dieu donna un ordre à l’homme, en disant: « Tous les arbres du jardin, tu peux t’en nourrir; 17 mais l’arbre de la science du bien et du mal, tu n’en mangeras point: car du jour où tu en mangeras, tu dois mourir! »
Commentaire de Rachi du verset 7 (extraits)
ז וַיִּיצֶר יְהוָה אֱלֹהִים אֶת-הָאָדָם, עָפָר מִן-הָאֲדָמָה, וַיִּפַּח בְּאַפָּיו, נִשְׁמַת חַיִּים; וַיְהִי הָאָדָם לְנֶפֶשׁ חַיָּה.
A comparer avec Genèse 7, 22 : nishepat-ruah נִשְׁמַת-רוּחַ
« Il façonna l’homme (wayyitsèr) Le mot wayyitsèr est écrit avec deux yod, car il y a eu deux façonnages : celui de l’homme dans ce monde-ci, et celui de l’homme dans le monde à venir (Beréchith raba 14, 5). Tandis que pour les animaux, qui ne sont pas justiciables du tribunal divin, le même mot wayitsèr (verset 19) n’est écrit qu’avec un seul yod.
Poussière détachée du sol Dieu a amassé la poussière de toute la terre, des quatre points cardinaux, afin qu’elle accepte, où que l’homme vienne à mourir, de devenir sa tombe (Midrach tan‘houma Peqoudei 3). (…)
Il insuffla dans ses narines une âme de vie Il l’a formé d’éléments d’ici-bas et d’éléments d’en haut : le corps d’en-bas, et l’âme d’en haut. (…)
Et l’homme fut une âme vivante Les animaux et les bêtes sauvages sont également appelés « âmes vivantes ». Cependant, celle de l’homme est la plus vivante de toutes, car il s’y ajoute la connaissance et la parole.
Les traductions sont tirées de la Bible du Rabbinat : une traduction juive du début du 20ème siècle. Avec en regard le commentaire de Rachi.
Afficher et télécharger le pdf de l’article
Version texte .docx