Traduction du rabbinat : https://www.sefarim.fr/
La Bible du Rabbinat est une traduction, de l’hébreu en français, publiée en 1899 (Pentateuque et premiers prophètes) et 1906 (derniers prophètes et Hagiographes).Ce travail fut entrepris sous la direction du grand rabbin de France Zadoc Kahn, qui fit appel à de nombreux hébraïsants comme Lazare Isidor ou Mayer Lambert.
Récit du sacrifice d’Isaac par Abraham
« 1 Il arriva, après ces faits, que Dieu éprouva Abraham. II lui dit: « Abraham! » II répondit: « Me voici. » 2 II reprit « Prends ton fils, ton fils unique, celui que tu aimes, Isaac; achemine-toi vers la terre de Moria et là offre-le en holocauste sur une montagne que je te désignerai. » 3 Abraham se leva de bonne heure, sangla son âne, emmena ses deux serviteurs et Isaac, son fils et ayant fendu le bois du sacrifice, il se mit en chemin pour le lieu que lui avait indiqué le Seigneur. 4 Le troisième jour, Abraham, levant les yeux, aperçut l’endroit dans le lointain. 5 Abraham dit à ses serviteurs: « Tenez-vous ici avec l’âne; moi et le jeune homme nous irons jusque là-bas, nous nous prosternerons et nous reviendrons vers vous. » 6 Abraham prit le bois du sacrifice, le chargea sur Isaac son fils, prit en main le feu et le couteau et ils allèrent tous deux ensemble. 7 Isaac, s’adressant à Abraham son père, dit « Mon père! » Il répondit: « Me voici mon fils. » II reprit: « Voici le feu et le bois, mais où est l’agneau de l’holocauste? » 8 Abraham répondit: « Dieu choisira lui-même l’agneau de l’holocauste mon fils! » Et ils allèrent tous deux ensemble. 9 Ils arrivèrent à l’endroit que Dieu lui avait indiqué. Abraham y construisit un autel, disposa le bois, lia Isaac son fils et le plaça sur l’autel, par-dessus le bois. 10 Abraham étendit la main et saisit le couteau pour immoler son fils. 11 Mais un envoyé du Seigneur l’appela du haut du ciel, en disant: « Abraham! . Abraham! » 12 II répondit: « Me voici. » II reprit: « Ne porte pas la main sur ce jeune homme, ne lui fais aucun mal! car, désormais, j’ai constaté que tu honores Dieu, toi qui ne m’as pas refusé ton fils, ton fils unique! » 13 Abraham, levant les yeux, remarqua qu’un bélier, derrière lui, s’était embarrassé les cornes dans un buisson. Abraham alla prendre ce bélier et l’offrit en holocauste à la place de son fils. 14 Abraham dénomma cet endroit: Adonaï-Yiré; d’où l’on dit aujourd’hui: »Sur le mont d’Adônaï-Yéraé. » 15 L’envoyé de l’Éternel appela une seconde fois Abraham du haut du ciel, 16 et dit: « Je jure par moi-même, a dit l’Éternel, que parce que tu as agi ainsi, parce que tu n’as point épargné ton enfant, ton fils unique, 17 je te comblerai de mes faveurs; je multiplierai ta race comme les étoiles du ciel et comme le sable du rivage de la mer et ta postérité conquerra les portes de ses ennemis. 18 Et toutes les nations de la terre s’estimeront heureuses par ta postérité, en récompense de ce que tu as obéi à ma voix. » 19 Abraham retourna vers ses serviteurs; ils se remirent en route ensemble pour Beer Shava, où Abraham continua d’habiter. »
Livre de la Genèse, chapitre 22
Le combat de Jacob, petit-fils d’Abraham, avec Dieu
« Jacob étant resté seul, un homme lutta avec lui, jusqu’au lever de l’aube. Voyant qu’il ne pouvait le vaincre, il lui pressa la cuisse ; et la cuisse de Jacob se luxa tandis qu’il luttait avec lui. Il dit : « Laisse-moi partir, car l’aube est venue. » II répondit : « Je ne te laisserai point, que tu ne m’aies béni. » Il lui dit alors : « Quel est ton nom ? » II répondit : « Jacob. » Il reprit : « Jacob ne sera plus désormais ton nom, mais bien Israël ; car tu as jouté contre des puissances célestes et humaines et tu es resté fort. » Jacob l’interrogea en disant : « Apprends-moi, je te prie, ton nom. » II répondit : « Pourquoi t’enquérir de mon nom ? » Et il le bénit alors. Jacob appela ce lieu Penïel « parce que j’ai vu un être divin face à face et que ma vie est restée sauve. » Le soleil commençait à l’éclairer lorsqu’il eut quitté Penïél ; il boitait alors à cause de sa cuisse. »
Livre de la Genèse, chapitre 32
Don de la loi par YHWH à Moïse
« Alors Dieu prononça toutes ces paroles, savoir :
- « Je suis l’Éternel, ton Dieu, qui t’ai fait sortir du pays d’Égypte, d’une maison d’esclavage.
- « Tu n’auras point d’autre dieu que moi. Tu ne te feras point d’idole, ni une image quelconque de ce qui est en haut dans le ciel, ou en bas sur la terre, ou dans les eaux au-dessous de la terre. Tu ne te prosterneras point devant elles, tu ne les adoreras point ; car moi, l’Éternel, ton Dieu, je suis un Dieu jaloux, qui poursuis le crime des pères sur les enfants jusqu’à la troisième et à la quatrième génération, pour ceux qui m’offensent ; et qui étends ma bienveillance à la millième, pour ceux qui m’aiment et gardent mes commandements.
- « Tu n’invoqueras point le nom de l’Éternel ton Dieu à l’appui du mensonge ; car l’Éternel ne laisse pas impuni celui qui invoque son nom pour le mensonge.
- « Pense au jour du Sabbat pour le sanctifier. Durant six jours tu travailleras et t’occuperas de toutes tes affaires, 9, mais le septième jour est la trêve de l’Éternel ton Dieu : tu n’y feras aucun travail, toi, ton fils ni ta fille, ton esclave mâle ou femelle, ton bétail, ni l’étranger qui est dans tes murs. Car en six jours l’Éternel a fait le ciel, la terre, la mer et tout ce qu’ils renferment et il s’est reposé le septième jour ; c’est pourquoi l’Éternel a béni le jour du Sabbat et l’a sanctifié.
- « Honore ton père et ta mère, afin que tes jours se prolongent sur la terre que l’Éternel ton Dieu t’accordera.
- « Ne commets point d’homicide.
- « Ne commets point d’adultère.
- « Ne commets point de larcin.
- « Ne rends point contre ton prochain un faux témoignage.
- « Ne convoite pas la maison de ton prochain ; Ne convoite pas la femme de ton prochain, son esclave ni sa servante, son bœuf ni son âne, ni rien de ce qui est à ton prochain. »
Livre de l’Exode, chapitre 19
אַשְׁרֵי תְמִימֵי-דָרֶךְ– הַהֹלְכִים, בְּתוֹרַת יְהוָה
Asrè temimè darek hahôlekîm betowrat YHWH
אַשְׁרֵי, נֹצְרֵי עֵדֹתָיו; בְּכָל-לֵב יִדְרְשׁוּהוּ
Asrè nôserê êdotaw bekal lêb yidresuhu
אַף, לֹא-פָעֲלוּ עַוְלָה; בִּדְרָכָיו הָלָכוּ
ap lô paalu awlah bidrakaw halaku
« Heureux ceux dont la voie est intègre, qui suivent la Loi de l’Eternel !
Heureux ceux qui respectent ses statuts, le recherchent de tout leur cœur,
qui, se gardant bien de commettre aucune injustice, marchent dans ses voies ! »
Psaume 119, versets 1-3
« Le commandement de Dieu est la parole personnelle de Dieu qui m’est adressée pour la journée d’aujourd’hui ; certes, ce que Dieu veut de moi, ce n’est pas ceci aujourd’hui et cela demain. Le commandement de Dieu fait un avec lui-même. Mais cette différence est décisive : est-ce que j’obéis à Dieu ou à mes principes ? Si mes principes me suffisent, je ne puis comprendre la prière du psalmiste. Mais si je laisse Dieu lui-même m’indiquer la route, alors je dépends entièrement de la grâce, qui se révèle ou se cache à moi, et alors je tremble à chaque parole que je reçois de la bouche de Dieu, dans l’attente de la parole suivante et du maintien dans la grâce. Ainsi sur tous mes chemins et en toutes mes décisions, je reste entièrement lié à la grâce et aucune fausse sécurité ne peut me frustrer de la communion vivante avec Dieu. »
Dietrich Bonhoeffer, Méditation sur le Psaume 119, dans De la vie communautaire, p. 172
« Heurux qui marche dans la loi… Celui qui parle ainsi présuppose que le commencement a déjà eu lieu. Il donne à comprendre que la vie avec Dieu ne consiste pas seulement, et pas essentiellement, en commencements réitérés. C’est pourquoi il parle d’une conduite, d’une marche dans la loi de Dieu. Il atteste ainsi que le commencement a déjà eu lieu ; il le met en valeur : il ne veut pas revenir en arrière. Fondée sur ce commencement que Dieu a effectué avec nous, notre vie avec lui est un chemin qui est parcouru « dans la Loi de Dieu ». Est-ce pour les êtres humains un asservissement à la Loi ? Non, c’est une libération de la loi meurtrière des recommencements incessants. L’attente jour après jour d’un commencement nouveau, qu’on s’imagine avoir trouvé d’innombrables fois, pour le voir de nouveau manqué le soir, c’est la ruine complète de la foi au Dieu qui, un jour, a posé le commencement, dans sa parole qui pardonne et renouvelle en Jésus-Christ. »
Dietrich Bonhoeffer, Méditation sur le Psaume 119, dans De la vie communautaire, pp. 143-144
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